Dans le cadre de la riposte contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo, l’Institut National de Santé Publique (INSP) a organisé, dimanche 7 juin 2026 à Bunia, un dialogue communautaire réunissant une cinquantaine de leaders religieux autour de son Directeur général.
Cette rencontre intervient alors que l’épidémie poursuit sa progression dans la province de l’Ituri. Selon les autorités sanitaires, 14 des 36 zones de santé de la province sont déjà affectées. La situation est aggravée par un contexte sécuritaire fragile marqué par l’activisme de groupes armés, ainsi que par la propagation de fausses informations et certaines résistances communautaires qui compliquent les interventions sur le terrain.
Des représentants de l’Église catholique, de l’Église du Christ au Congo (ECC), des Églises de réveil et de la communauté musulmane ont pris part à ces échanges consacrés aux défis de la riposte et au rôle que peuvent jouer les confessions religieuses dans la sensibilisation des populations.
Au cours des discussions, les participants ont été informés des spécificités de la souche Bundibugyo, de ses différences avec la souche Zaïre, des mécanismes de transmission du virus ainsi que des mesures préventives nécessaires pour limiter la propagation de la maladie.
Cette rencontre a également permis d’aborder les préoccupations exprimées au sein des communautés. Les leaders religieux ont partagé les inquiétudes de leurs fidèles et mis en lumière les principales rumeurs, résistances et barrières socioculturelles qui continuent de freiner les efforts de lutte contre l’épidémie. Ils ont, par ailleurs, formulé plusieurs propositions visant à renforcer l’adhésion des populations aux interventions sanitaires.
L’INSP entend renforcer l’implication des responsables religieux en les considérant comme des acteurs clés de la communication communautaire. L’objectif est de faire d’eux des relais de confiance capables de diffuser des informations fiables, de promouvoir les mesures de prévention et d’encourager l’acceptation des interventions de santé publique, notamment la surveillance des contacts, les investigations sanitaires ainsi que les inhumations sécurisées et dignes.
Les travaux se sont achevés par la signature d’un acte d’engagement par les participants. À travers cet engagement, les leaders religieux ont réaffirmé leur volonté de soutenir activement la riposte, de sensibiliser leurs communautés et de contribuer à la protection des populations face à la menace que représente la maladie à virus Ebola.
Par cette initiative, l’INSP rappelle que la maîtrise de l’épidémie ne repose pas uniquement sur les actions médicales, mais également sur une forte mobilisation communautaire. Pour l’institution, l’implication des leaders d’opinion et des autorités religieuses demeure essentielle pour instaurer un climat de confiance et garantir l’efficacité des stratégies de riposte sur le terrain.
Fidel SONGO