L’Iran maintient sa volonté de faire participer les navires transitant par le détroit d’Ormuz aux coûts des services maritimes assurés dans cette zone stratégique du commerce mondial. Une position que Téhéran présente comme légitime au regard des importantes responsabilités qu’assument les États riverains dans la sécurisation et la gestion de cette voie maritime essentielle.
Lors d’un point de presse tenu lundi, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a tenu à clarifier la position de son pays. Selon lui, l’Iran ne prévoit pas d’imposer des péages de transit aux navires traversant le détroit d’Ormuz, mais plutôt des frais destinés à couvrir des services indispensables à la navigation internationale.
« Les services de navigation, les mesures de protection de l’environnement, les assurances ainsi que d’autres services nécessaires impliquent naturellement certains coûts », a déclaré le diplomate iranien.
Cette précision intervient alors que certains médias occidentaux ont présenté la mesure comme une taxation du passage dans le détroit. Pour les autorités iraniennes, cette interprétation ne reflète pas la réalité du projet envisagé. Téhéran insiste sur le fait qu’il s’agit d’une participation aux dépenses engagées pour garantir la sécurité des navires, protéger l’environnement marin et assurer une gestion efficace du trafic dans l’une des routes maritimes les plus fréquentées au monde.
Le détroit d’Ormuz constitue un point de passage stratégique pour le commerce énergétique mondial. Chaque jour, des millions de barils de pétrole et d’importantes quantités de gaz naturel liquéfié y transitent, générant des bénéfices considérables pour les économies qui dépendent de cette circulation maritime. Dans ce contexte, les autorités iraniennes estiment qu’il est raisonnable que les utilisateurs de cette infrastructure naturelle contribuent aux coûts liés à son bon fonctionnement.
Téhéran souligne également que cette démarche s’inscrit dans un cadre de coopération régionale avec le Sultanat d’Oman, l’autre État riverain du détroit. Les deux pays travaillent à renforcer les mécanismes de sécurité et de coordination afin de garantir une navigation sûre, fluide et respectueuse des normes environnementales.
Malgré les réserves exprimées par certaines puissances occidentales, l’Iran considère que sa proposition relève du bon sens et du principe de partage des responsabilités. Pour les autorités iraniennes, les services de surveillance, de secours, de protection environnementale et de gestion du trafic maritime représentent des investissements importants qui ne peuvent être supportés indéfiniment par les seuls États riverains.
Dans un contexte régional marqué par de multiples défis sécuritaires, Téhéran défend ainsi une approche fondée sur la responsabilité collective des acteurs qui bénéficient quotidiennement de cette voie maritime stratégique, tout en réaffirmant son engagement en faveur de la liberté de navigation et de la sécurité du commerce international.
Fidel SONGO