Une altercation survenue jeudi 24 septembre au cimetière de Katula, dans le quartier Rwangoma à Beni (Nord-Kivu), a fait deux morts et plusieurs blessés après l’intervention des forces de l’ordre lors de l’inhumation d’une personne décédée d’Ebola.
Le drame s’est produit alors que des proches et des habitants assistaient à l’enterrement d’une personne présentée comme victime de la maladie à virus Ebola. Selon les autorités citées par Radio Okapi, un groupe de jeunes a tenté d’ouvrir le cercueil pour voir le corps avant l’inhumation, en violation des procédures d’enterrement digne et sécurisé mises en place dans le cadre de la riposte contre l’épidémie. Face à cette situation, la police a procédé à des tirs de sommation pour disperser la foule.
Un témoin présent sur les lieux a rapporté à Actualite.cd que le corps, attendu depuis deux jours, n’était arrivé au cimetière que vers 14 heures locales, et que la situation avait dégénéré peu avant l’inhumation, en présence de plusieurs policiers et militaires.
Un bilan encore incertain
Une jeune fille aurait été mortellement atteinte sur place, tandis qu’une deuxième victime, également une jeune fille, est décédée à l’hôpital des suites de ses blessures, selon une source administrative locale. Le bilan communiqué reste toutefois divergent selon les sources : si Radio Okapi et plusieurs médias locaux évoquent deux morts, l’agence Reuters ainsi que le média Opinion Info font état d’un seul décès confirmé à ce stade. Les circonstances exactes des tirs restent à établir, une enquête étant en cours. Le corps de l’une des victimes a été acheminé à la morgue de l’Hôpital général de référence de Beni, où des mouvements de colère ont été observés dans certains quartiers.
Cet incident survient dans un contexte épidémique tendu. L’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo, déclarée le 15 mai, a été classée urgence de santé publique de portée internationale par l’Organisation mondiale de la santé, qui insiste sur la nécessité d’enterrements sécurisés, de la prévention des infections et de l’engagement communautaire. La veille de l’incident, l’organisation avait d’ailleurs souligné les tensions que peuvent provoquer ces inhumations lorsque les protocoles sanitaires empêchent certains rites funéraires traditionnels. BENIN WEB TV
Les autorités locales appellent la population, en particulier les jeunes, à respecter les mesures relatives aux enterrements dignes et sécurisés afin de prévenir tout risque de propagation de la maladie à virus Ebola.
La Rédaction