Le gouvernement congolais affiche des ambitions budgétaires revues à la hausse pour l’exercice 2027. À l’ouverture des conférences budgétaires, le vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, a fixé un objectif de 18 milliards USD de recettes publiques, misant sur une mobilisation accrue des ressources internes et une meilleure valorisation des secteurs stratégiques de l’économie nationale.
Le lancement, mercredi 29 juillet 2026, des conférences budgétaires marque le coup d’envoi de l’élaboration du projet de loi de finances 2027. À cette occasion, Adolphe Muzito a dévoilé les grandes orientations budgétaires du Gouvernement, avec une projection de 18 milliards USD de recettes publiques, contre 15,3 milliards USD attendus pour l’exercice 2026.
Cette prévision traduit une augmentation de 2,7 milliards USD, soit une progression de près de 17,6 %. Pour l’Exécutif, cette évolution devra être portée avant tout par une amélioration de la mobilisation des recettes domestiques et un meilleur contrôle des ressources générées par les secteurs les plus productifs de l’économie congolaise.
Dans son intervention, le patron du Budget a insisté sur la nécessité de moderniser les mécanismes de prévision et de collecte des recettes publiques. Il a notamment plaidé pour un renforcement de la traçabilité des flux financiers, particulièrement dans le secteur minier, considéré comme le principal moteur de croissance du pays.
« Nous devons améliorer la qualité de nos projections budgétaires. Nous devons également mieux appréhender les recettes minières. La traçabilité des flux devra être renforcée. Les secteurs à fortes ressources naturelles feront l’objet d’un suivi plus rigoureux. La pression fiscale devrait passer de 12,5 % actuellement à 14 %. L’objectif est de porter ce taux au-delà de 17 % à l’horizon 2035 », a déclaré Adolphe Muzito.
Le gouvernement entend également accroître les recettes provenant de nouveaux gisements de croissance. Les secteurs liés au carbone, à l’environnement, à l’énergie, à l’électricité ainsi qu’aux transports figurent parmi les priorités identifiées pour élargir durablement l’assiette fiscale et réduire la dépendance du pays aux financements extérieurs.
L’Exécutif inscrit cette stratégie dans une vision de long terme. Les projections officielles tablent sur des recettes publiques de 20 milliards USD dès 2028, avant d’atteindre 40 milliards USD à l’horizon 2035. Une trajectoire qui, selon le Gouvernement, devrait permettre de financer les grands investissements publics, de soutenir les réformes économiques et de répondre aux priorités du programme d’action gouvernemental.
Pour atteindre ces objectifs, Adolphe Muzito a appelé les régies financières et l’ensemble des services d’assiette à renforcer leur efficacité dans la mobilisation des recettes, en accordant une attention particulière aux secteurs à fort potentiel économique.
Les conférences budgétaires ouvertes à Kinshasa réunissent les institutions, ministères et services publics afin d’harmoniser les prévisions de recettes et de dépenses qui serviront de base à la rédaction du projet de loi de finances 2027, lequel sera soumis au Parlement lors de la prochaine session budgétaire.
FIDEL SONGO