RDC : le PVR appelle le Parlement à abandonner la loi référendaire au nom de l’apaisement national

Le Parti des Vertus Républicaines (PVR) estime que la nouvelle délibération de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum doit aller au-delà d’une simple correction du texte. Dans un communiqué signé le 14 août 2026, son président national, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, appelle les députés nationaux et les sénateurs à abandonner cette loi, au regard du contexte sécuritaire, politique et institutionnel que traverse la République démocratique du Congo.

Le Parti des Vertus Républicaines (PVR) réagit au communiqué officiel de l’Assemblée nationale du 13 août 2026 annonçant le retour au Parlement, par le Président de la République, de la loi fixant les conditions d’organisation du référendum pour une nouvelle délibération.

Pour cette formation politique, cette étape constitue un « moment politique majeur » qui ne devrait pas se limiter à l’intégration des réserves formulées par la Cour constitutionnelle.

Le PVR appelle ainsi les deux chambres du Parlement à réexaminer non seulement le contenu du texte, mais également son opportunité dans le contexte actuel du pays.

Selon le parti, le fait que cette loi ait fait l’objet de suppressions, de substitutions, de réécritures et de réserves sur plusieurs dispositions révèle « de sérieuses fragilités constitutionnelles ».

Le PVR estime que ces interrogations devraient déjà imposer la prudence dans un contexte politique apaisé. Elles seraient, à ses yeux, encore plus préoccupantes alors que la RDC reste confrontée à la guerre dans sa partie orientale, à l’instabilité de certaines zones, à l’insécurité, à une crise de confiance politique et institutionnelle ainsi qu’à de profondes difficultés sociales.

Dans ce contexte, le parti dirigé par Moussa Kalema Sangolo-Zaku redoute que la question référendaire ne vienne accentuer les divisions existantes.

« Ce n’est pas le moment d’ajouter à ces fractures une nouvelle bataille autour du référendum et de l’avenir constitutionnel du pays », soutient le PVR.

Le Parlement appelé à prendre ses responsabilités

Le parti rappelle par ailleurs que plusieurs acteurs issus des milieux politiques, sociaux, intellectuels, religieux et de la société civile ont exprimé des inquiétudes au sujet de cette loi et demandé au Chef de l’État de ne pas la promulguer.

Pour le PVR, ces préoccupations doivent être prises en considération par la représentation nationale.

Le parti invite notamment les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que l’ensemble des parlementaires, à faire de cette nouvelle délibération un acte de « sagesse, de responsabilité et d’apaisement national ».

« Le meilleur amendement à apporter aujourd’hui à cette loi est son abandon », affirme le PVR.

Le parti estime qu’une majorité parlementaire peut certes adopter une loi, mais qu’elle ne peut, à elle seule, créer le consensus national nécessaire lorsqu’il est question du pacte constitutionnel de la République.

Paix, intégrité territoriale et dialogue national

Dans son communiqué, le PVR rappelle que les priorités de la République devraient rester centrées sur la restauration de l’intégrité territoriale, le retour de la paix et la restauration de l’autorité de l’État.

Il cite également le respect des libertés publiques, la réconciliation nationale, la consolidation de l’État de droit et l’organisation d’un véritable dialogue national inclusif parmi les urgences du pays.

Pour cette formation politique, toute réforme susceptible d’avoir un impact durable sur les équilibres constitutionnels doit être engagée dans un climat de paix, de confiance et de large adhésion nationale.

« On ne réforme pas sereinement le pacte fondamental d’une Nation lorsque celle-ci est traversée par la guerre, les suspicions et les profondes divisions politiques », estime le PVR.

S’adressant directement aux députés et aux sénateurs, Moussa Kalema Sangolo-Zaku les invite à privilégier l’intérêt supérieur de la République plutôt que la seule discipline partisane.

« Ne choisissez pas la force du nombre lorsqu’il faut rechercher la force du consensus. Ne donnez pas au pays une nouvelle raison de se diviser. Abandonnez cette loi. »

Le président national du PVR résume finalement la position de son parti autour de trois principes : « La Constitution au-dessus des circonstances. La République au-dessus des partis. La Nation au-dessus des ambitions. »

Le PVR considère que c’est à cette condition que pourra s’engager, selon lui, la véritable Renaissance nationale congolaise.

FS

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