RDC : reglement des comptes à la présidence de la République ( Tribune libre )

Partager

« Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit », dit un adage français. Selon une source proche de la Présidence de la République, les membres de Cabinet du Président de la République seraient en train d’expérimenter une situation analogue, des suites d’un conflit qui ne dit pas son nom entre Guylain Nyembo, Directeur de Cabinet du Président de la République et Nicolas Kazadi, Ministre des Finances. Et ce dernier aurait décidé, en guise de représailles, de « geler » la plupart de dossiers financiers signés par le premier.

Le premier dossier frappé par cette mesure, concerne la prime de nuit. Cette prime a été octroyée aux membres du Bureau du Directeur de Cabinet du Président de la République pour compenser les travaux intensifs auxquels ils sont soumis ainsi que leurs heures supplémentaires, étant donné qu’ils quittent le bureau toujours tard dans la nuit. En plus, au vu de la sensibilité et la délicatesse des dossiers de l’Etat qu’ils manipulent tous les jours, ces fonctionnaires méritent d’être encouragés d’une certaine manière. Mais le Ministre des Finances ne l’entend pas de la même oreille. De telle sorte que, depuis le début du premier mandat du Président de la République, cette prime n’a jamais été payée.

Vient ensuite l’indemnité de fin mandat. Celle-ci est un droit institué par le Président de la République lui-même, notamment à travers l’Ordonnance portant organisation et fonctionnement du Cabinet du Président de la République, en faveur des fonctionnaires arrivés fin mandat, ce qui est le cas en ce moment. Mais, piétinant délibérément la susdite Ordonnance et, par ricochet celui qui l’a signée, le tout puissant Ministre des Finances ne s’est pas gêné, après avoir payé les cabinets ministériels, le sien y compris, de mettre au placard le dossier des indemnités de fin mandat des membres de cabinet du Président de la République qui devaient pourtant être désintéressés avant le début de la campagne électorale,

Comment peut-on alors parler de l’Etat de droit si, déjà, un Ministre peut impunément marcher sur les droits des autres collaborateurs du Chef de l’Etat ? Le Président de la République se sent-il vraiment à l’aise dans ses bottes présidentielles, sachant qu’un Ministre des Finances qu’il a nommé pour exécuter ses Ordonnances se permet de les censurer ouvertement pour punir le responsable placé à la tête de telle ou telle autre institution ?

Quel que soit le différend qui oppose Nicolas Kazadi à Guylain Nyembo, il ne doit pas se répercuter sur les membres de cabinet du Président de la République, au risque de les démotiver et impacter négativement sur les services qu’on attend d’eux. C’est de la réussite du mandat Président de la République qu’il s’agit ici, et non de ce que veut ou ne veut pas Monsieur Nicolas Kazadi.

Articles similaires

Une Constitution peut-elle favoriser l’essor économique et la transformation sociale d’une nation ? Bien...

Une constitution bien conçue est une composante essentielle de la stratégie de développement économique d'une nation. Les constitutions peuvent poser les bases de politiques économiques judicieuses en définissant les principes qui guident les politiques fiscales et monétaires. 

Peine de mort : la méthode surannée et ressuscitée pour faire asseoir le pouvoir...

Peine de mort : la méthode surannée et ressuscitée pour faire asseoir le pouvoir ( Tribune de Chanty Shako Oky, SG MPPU)