Le Parti des Vertus Républicaines (PVR) hausse le ton au sujet du dispositif arrêté pour préparer le Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Réuni en Bureau politique pour examiner l’Ordonnance présidentielle portant organisation et fonctionnement du Comité d’organisation de ces assises, le parti de Moussa Kalema Sangolo-Zaku estime que le mécanisme actuellement mis en place ne réunit pas, en l’état, les garanties politiques, institutionnelles et morales nécessaires à un dialogue national crédible.
Dans sa prise de position, le PVR rappelle qu’il n’est pas opposé au principe du dialogue. Au contraire, il affirme avoir toujours défendu la tenue d’un dialogue national suffisamment inclusif pour permettre aux différentes composantes de la société congolaise de s’exprimer sur les causes profondes des crises qui affectent le pays.
Pour le parti, ces assises ne devraient toutefois pas se réduire à une négociation entre responsables politiques ou à un mécanisme permettant de prolonger un pouvoir en place. Le PVR plaide plutôt pour un « Dialogue des vérités », appelé à examiner sans tabou les dimensions politique, sécuritaire, institutionnelle, économique, sociale et géopolitique de la crise congolaise.
Le contrôle présidentiel au cœur des critiques
La principale réserve formulée par le PVR concerne l’architecture institutionnelle retenue pour organiser le dialogue. Le parti estime que le fait de placer le mécanisme préparatoire sous l’autorité directe du Président de la République, avec une intervention déterminante du chef de l’État dans le choix des animateurs et le fonctionnement du processus, risque de fragiliser la confiance des différentes parties prenantes.
Le PVR redoute ainsi un déséquilibre susceptible d’affecter la neutralité et la crédibilité des futures assises.
« On ne peut être à la fois partie à la crise, organisateur souverain du dialogue, maître de ses règles et arbitre de ses conclusions. »
Dans cette logique, le parti considère que le dialogue national ne devrait être la propriété d’aucun camp politique. Ni la majorité au pouvoir, ni l’opposition, ni une plateforme particulière ne devraient pouvoir en revendiquer le contrôle.
« Il doit appartenir à la Nation », soutient le PVR.
Le parti rejoint ainsi les forces politiques et sociales qui contestent le dispositif actuel et mettent en garde contre toute instrumentalisation du dialogue. Il affirme également sa solidarité avec ce qu’il qualifie de résistance démocratique face à toute violation de la Constitution, à toute confiscation de la souveraineté populaire ou à toute utilisation des institutions contraire à leur vocation républicaine.
Une démarche revendiquée comme républicaine et pacifique
Malgré la fermeté de sa position, le PVR assure vouloir inscrire son action dans un cadre constitutionnel, démocratique et pacifique. Se réclamant de sa doctrine de la Renaissance nationale et de la Refondation, le parti appelle à éviter toute réponse susceptible d’aggraver la crise institutionnelle.
« La République ne doit pas être sauvée en détruisant la République. »
Pour le PVR, la recherche d’une issue durable à la crise passe donc par la mobilisation de l’ensemble des forces vives du pays. Le parti cite notamment les formations politiques, les organisations sociales, les confessions religieuses, la société civile, la jeunesse, les femmes, les autorités coutumières et la diaspora.
L’objectif, selon cette formation politique, est d’obtenir un cadre de dialogue qu’elle veut inclusif, équilibré, crédible et indépendant, permettant de restaurer la confiance entre les différentes composantes de la société congolaise.
Le PVR précise que sa conception du Dialogue national ne vise ni le partage des postes, ni la sauvegarde d’un régime, ni une remise à zéro artificielle des mandats politiques. Sa finalité devrait plutôt être de contribuer à la recherche de la paix, à la restauration de la cohésion nationale et à une refondation profonde de l’État.
Cette refondation devrait, selon le parti, déboucher sur la reconstruction d’un État souverain, juste et stratège, reposant notamment sur le respect de la loi, la souveraineté populaire, la méritocratie, la responsabilité des dirigeants et le renforcement de la puissance nationale.
En définitive, le PVR ne ferme pas la porte au dialogue. Il pose toutefois des conditions précises sur sa nature et son organisation.
« Le PVR demeure disponible pour le dialogue. Mais pas pour un dialogue de façade. Pas pour un dialogue sous tutelle. Pas pour un dialogue dont les conclusions seraient écrites avant même que la Nation ne se soit exprimée. »
À travers cette déclaration, le parti de Moussa Kalema Sangolo-Zaku entend ainsi maintenir la pression pour une révision du cadre actuel et défendre une conception du dialogue qui, selon lui, devrait servir à résoudre les crises structurelles du pays plutôt qu’à préserver les équilibres politiques existants.
« La RDC a besoin non d’un dialogue de conservation du pouvoir, mais d’un dialogue de vérité pour sauver la Nation et refonder l’État. »
F.S.