Comme chaque semaine, les principales menaces épidémiques qui pèsent sur la République démocratique du Congo ont été passées en revue lundi à Kinshasa, lors de la réunion stratégique de coordination tenue à l’Institut national de santé publique (INSP), sous la conduite de son directeur général, le Dr Mwamba Kazadi Dieudonné.
Organisée autour du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), cette rencontre hebdomadaire réunit experts et acteurs de la riposte pour faire le point sur les alertes en cours, les tendances épidémiologiques et les mesures déployées sur le terrain. À la 38ᵉ semaine de l’année, trois maladies continuent de mobiliser l’essentiel de l’attention : la maladie à virus Ebola, le choléra et la rougeole.
Ebola : un taux de reproduction sous la barre critique, mais la vigilance reste de mise
Le bilan cumulé de l’épidémie à virus Ebola dépasse désormais les 8 000 cas et 3 900 décès, pour une létalité de 48,4 %, un taux qui reste parmi les plus élevés observés lors des flambées survenues en RDC. Plus de 2 070 personnes ont pu être déclarées guéries, et le suivi des contacts atteint 75 %. La maladie continue de circuler dans 63 zones de santé réparties sur sept provinces.
Un signal encourageant est toutefois ressorti des discussions : le taux de reproduction du virus est désormais inférieur à 1, ce que le Dr Mwamba Kazadi Dieudonné interprète comme un début d’inflexion de la dynamique épidémique. Les équipes de riposte restent néanmoins mobilisées pour consolider cette tendance.
La réunion s’est par ailleurs attardée sur la situation des personnels de première ligne, toujours touchés par de nouvelles contaminations. Le directeur général de l’INSP a insisté sur la nécessité de mieux cerner les causes de ces infections afin d’ajuster les mesures de protection, notamment en orientant systématiquement les cas suspects ou confirmés vers des structures sanitaires spécifiquement dédiées à la prise en charge d’Ebola, plutôt que vers les établissements de santé généraux.
Choléra : la Tshuapa sous surveillance après une alerte liée à une embarcation venue de Kinshasa
Sur le front du choléra, environ 2 300 cas ont été enregistrés au cours de la 38ᵉ semaine, en progression par rapport à la semaine précédente. La province de la Tshuapa concentre une attention particulière depuis le signalement de cas suspects à bord d’une embarcation en provenance de Kinshasa. Six décès y ont été recensés, tandis qu’une quarantaine de personnes suspectes sont actuellement prises en charge. Une riposte a été organisée au niveau de la zone de santé de Bokungu, avec le déploiement d’équipes chargées de la surveillance et du contrôle de la propagation.
Le Sud-Kivu reste également concerné par la maladie, ce qui a conduit les autorités sanitaires à envisager une campagne de vaccination rapide dans les zones de santé de Shabunda et de Mulungu.
Rougeole en recul, mais le Tanganyika sous surveillance
Contrairement aux deux autres épidémies, la rougeole affiche une tendance nationale à la baisse : environ 790 cas ont été rapportés à la 38ᵉ semaine, soit une diminution de 16 % par rapport à la semaine précédente. Le Tanganyika fait toutefois exception, avec une hausse des cas qui a motivé l’organisation d’une campagne de vaccination, menée avec l’appui de partenaires, afin de renforcer la couverture vaccinale dans la province.
La réunion a enfin permis de revenir sur la situation sanitaire de la Tshuapa, où la fermeture temporaire d’une école avait suscité des inquiétudes parmi les parents d’élèves. Le Dr Mwamba Kazadi Dieudonné a tenu à rassurer les familles, précisant que cette mesure visait uniquement à permettre la décontamination de l’établissement avant sa réouverture, dans des conditions sanitaires jugées appropriées.
La Rédaction