Face à la montée fulgurante de la désinformation, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans la sphère publique, une réponse-solution voit le jour pour contrer ce fléau. Il s’agit du collectif des fact-checkers de la République Démocratique du Congo, initié sous la bannière de Balobaki Check, un média spécialisé dans la vérification des faits. Son lancement officiel s’est tenu ce mercredi 2 avril à Kinshasa, en marge de la Journée internationale de fact-cheking.
La mission de cette nouvelle structure est claire : élargir l’engagement citoyen dans l’espace public et sur les réseaux sociaux, mettre en commun leurs ressources et développer des plans d’actions pour pour lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux et dans la communauté en promouvant une information vérifiée et crédible. Lors de son lancement à la bibliothèque de l’UNISIC, Université des Sciences de l’Information et de la Communication, l’événement a réuni près de 40 jeunes, étudiants, chercheurs, journalistes et acteurs de la société civile, tous animés par une même volonté : assainir l’écosystème informationnel.

Cette initiative arrive à point nommé, alors que les fake news et les buzz médiatiques se propagent à une vitesse vertigineuse, surtout en cette période caractérisée par la guerre dans la partie orientale du pays, remettant en question le monopole des journalistes sur l’information et exacerbant la désinformation grâce aux nouvelles technologies.
Intervenant au cours de cette cérémonie, la professeure Madeleine Mbongo Mpasi a clairement souligné l’importance de la pédagogie argumentative comme outil fondamental pour différencier les professionnels des médias des simples diffuseurs et relayeurs d’informations, souvent erronées. S’appuyant sur les réflexions de Jean Charon, elle a évoqué le débat sur l’avenir du journalisme à l’ère du numérique et du partage instantané d’informations.

Bien que cette pollution de l’information, la professeure Mbongo Mpasi est restée optimiste et a insisté que dans un contexte où l’information circule sans contrôle et où chacun se proclame diffuseur, le rôle du journaliste ne disparaîtra pas s’il sait se distinguer par une approche rigoureuse et explicative.

Pour la professeure, la crédibilité du journalisme repose sur trois piliers : la rigueur, la recherche et l’engagement vers un fact-checking systématique. « Le fact-checking n’est pas seulement un impératif professionnel, c’est un devoir citoyen », a-t-elle insisté, appelant à une utilisation généralisée des plateformes de vérification de l’information.
Avant de clore son intervention, elle a salué le les efforts de Mme Ange Kasongo, Directrice générale de Balobaki Check, dont l’engagement en faveur d’une information fiable est indéniable. « C’est grâce à elle que nous avons commencé à prendre conscience de l’importance (du fact-checking )», a-t-elle reconnu.

À l’issue de cette rencontre, les membres du collectif se sont résolument engagés à respecter le code de conduite établi dans la charte du réseau et à mener des campagnes de sensibilisation en ligne pour promouvoir l’éducation aux médias.
Fidel Songo