« Tout est bien, qui finit bien », dit-on. La République démocratique du Congo consacre tout le mois de mars à la célébration des droits de la femme. Impeccablement vêtues (pagnes à la congolaise), les femmes de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC) se sont retrouvées autour de leur comité de gestion incarné par la Directrice Générale Mimy Monga Numbi et son adjointe Berte Kenedi Isakong, dans l’enceinte même de la Direction Générale. Certains hommes œuvrant dans cet établissement public étaient aussi présents lorsque leur cheffe déplorait la faible représentativité de la femme dans les instances des décisions à travers le pays.
« En cette date du 26 mars 2025 pour la clôture de ce mois dédié aux droits de la femme à l’ONAPAC, l’occasion m’échoit de dénoncer le peu de place réservé aux femmes en politique, dans certaines entreprises publiques et privées. Je déplore aujourd’hui que les femmes sont victimes des violences, et plus particulièrement à l’Est de notre pays, suite à la guerre d’agression nous imposée. Les femmes qui travaillent dans le secteur des produits agricoles dans cette partie du pays ne sont pas épargnées de ces violences et sont victimes de viols et de tueries dans leurs champs. », a dénoncé Mimy Monga Numbi dans son allocution.

Elle estime que cette situation désastreuse doit interpeller la communauté tant nationale qu’internationale d’autant plus que les organisations internationales du café et du cacao recommandent et encouragent l’implication des femmes dans les filières de ces deux cultures. Selon elle, le combat de l’égalité entre l’homme et la femme est loin d’être fini. La Directrice Générale a demandé à l’auditoire de répéter après elle cette phrase : « Non aux viols, aux violences faites à la femme et à l’insécurité dans le bassin des produits agricoles sous contrôle de l’ONAPAC ! » Quel cri du cœur !
« Femmes, levez-vous pour défendre la patrie ! »
C’est le thème abordé au cours d’une table ronde des femmes leaders organisée au Musée national de Kinshasa, le vendredi 28 mars 2025. La Directrice Générale de l’ONAPAC était l’une des panélistes à ce forum. A cette occasion, Mimy Monga Numbi a exhorté les femmes congolaises à se tourner vers les activités agricoles afin de lutter contre la pauvreté et contribuer au développement du pays.

Cette panéliste a, en effet, fait ressortir dans son speech au moins trois avantages de l’agriculture, à savoir : favoriser la création d’emplois ; lutter contre la malnutrition ; faire avancer l’économie du pays. Mimy Monga Numbi a donc martelé que l’agriculture est d’une importance capitale, qu’elle fait sortir les femmes de la dépendance et de la pauvreté.
Lors de sa brillante intervention, cette cheffe d’entreprise a salué un acte posé par Chef de l’Etat en ces termes : « Je tiens à remercier le Champion de la masculinité positive, le président Félix Tshisekedi, qui a eu l’amabilité de nommer deux femmes à la tête de l’ONAPAC pour renforcer cet établissement public et apporter un nouveau souffle grâce à notre expérience professionnelle diversifiée. »
Enjeux agricoles
Selon madame la DG, la guerre continue dans la partie Est de la RD Congo à cause non seulement de ressources minières, mais également de produits agricoles, notamment le café, le cacao et la vanille exportés illicitement à l’extérieur du pays par les rebelles. Elle a annoncé à l’assistance que la Côte-d’Ivoire, autrefois premier pays producteur de cacao, est en train de chuter faute d’espaces cultivables et de vieillissement de ses plantations. En revanche, disposant de plus de 80 millions d’hectares de terres arables dont seulement 1% est cultivé, la RDC est aujourd’hui la meilleure destination pour l’agriculture.
Enfin, cette panéliste a aussi lancé un appel à la jeunesse congolaise en l’invitant à s’intéresser à l’agriculture comme secteur prioritaire et stratégique en vue de restaurer la sécurité alimentaire et mettre fin à l’importation des vivres. La DGA Berte Kenedi Isakong l’a complétée. A titre de rappel, l’ONAPAC (ex-OZACAF) supervise divers produits pérennes, à savoir : le thé, le café, le cacao, l’hévéa (caoutchouc), la vanille, la rauwolfia, le vinca digitalis, les plantes à parfum, le ketchou, les plantes à épices, le lippia multiflora, les huiles essentielles, le quinquina, les plantes médicinales, le pyrèthre, la noix de cola, le gingembre, le pigeum, la papaïne. La RDC ne doit donc pas être en marge des enjeux agricoles.

Dans cet établissement public, les femmes se retrouvent presque partout (divers services) : le triage, le commercial, la technique, l’agronomie, les finances, etc. Le mois dédié aux droits de la femme a donc vécu. Les lampions se sont éteints sur toute l’étendue de la RDC.
James Mpunga Yende