Le paludisme demeure l’une des principales causes de morbidité, d’hospitalisation et de mortalité en République Démocratique du Congo. Deuxième pays le plus touché en Afrique et troisième à l’échelle mondiale, la RDC a enregistré en 2023, selon le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), 27.657.762 cas, pour un total alarmant de 24.344 décès.
Face à cette situation préoccupante, les parlementaires congolais ont décidé de renforcer leur engagement dans la lutte contre cette maladie. C’est dans ce cadre qu’un atelier s’est tenu à Kinshasa, le samedi 29 mars, à l’initiative d’Impact Santé Africa (ISA) et du PNLP, avec pour objectif de renforcer les capacités des députés nationaux et des organisations de la société civile sur les enjeux de la lutte contre le paludisme.

Lors de cette rencontre, les élus ont officiellement lancé la Coalition des Parlementaires pour l’Élimination du Paludisme en Afrique – section RDC (COPEMA-RDC). À travers cette structure, ils entendent intensifier les actions de plaidoyer, inscrire la lutte contre le paludisme au cœur des débats parlementaires et mobiliser davantage de ressources internes.
Dans son allocution d’ouverture, la députée nationale Dorothée Madiya, membre de la Commission socioculturelle de l’Assemblée nationale, a reconnu les défis majeurs qui entravent les efforts de riposte en RDC. Elle a appelé ses collègues à un engagement concret pour inverser la tendance :

« Le paludisme continue de frapper durement nos communautés, affectant particulièrement les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Avec plus de 27 millions de cas enregistrés et un impact dévastateur sur nos familles et notre économie, nous ne pouvons plus rester spectateurs. Il est temps d’agir avec détermination pour garantir un avenir sain à notre population. », a-t-elle déclaré
Elle a en suite salué l’appui des partenaires techniques et financiers, notamment le PNLP et Impact Santé Africa, tout en exhortant les parlementaires à veiller à l’honoration des engagements nationaux et internationaux. Cela implique, selon elle, une allocation budgétaire renforcée, un contrôle rigoureux des financements et un plaidoyer soutenu auprès du gouvernement et de la société civile.

De leur côté, les députés Shakasaka et Béatrice Masangu ont réaffirmé l’engagement des élus à travers la COPEMA-RDC.
« Nous, parlementaires, sommes engagés à éliminer le paludisme par notre plaidoyer, tant à l’Assemblée qu’au niveau du gouvernement. Ensemble, nous y arriverons », a indiqué le député Shakasaka.
La journée s’est clôturée par l’adhésion officielle de plusieurs députés nationaux à la coalition COPEMA-RDC.

Prenant la parole à son tour, la Docteure Solange Simpunga, représentante d’Impact Santé Africa, a mis en lumière la nécessité de l’implication parlementaire dans la mobilisation des ressources domestiques. Selon elle, combler au moins 50 % du gap de financement du Plan Stratégique National (PSN) 2024-2028 d’ici décembre 2028 nécessite une implication active et durable des élus du peuple.
Fidel Songo