Violences à Sambia et Akuwa : les présumés auteurs devant le juge

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Sous un ciel couvert et une tension palpable, la justice s’est délocalisée à Isiro pour juger l’une des affaires les plus sensibles de ce début d’année dans le Haut-Uele. Douze personnes, soupçonnées d’être les instigateurs et acteurs principaux des violents affrontements de janvier entre les localités de Sambia et Akuwa, se retrouvent face à la justice.

C’est dans un hangar inachevé, près du Centre Hospitalier Mayogo, que le Tribunal de Grande Instance a installé temporairement sa salle d’audience. Les accusations sont lourdes : tentative de meurtre, incendie criminel, coups et blessures volontaires, homicide, profanation de cadavres, destruction de biens publics et association de malfaiteurs. Le parquet n’a pas ménagé ses mots et a requis des peines exemplaires, allant de quelques mois de prison à la peine de mort, selon la responsabilité de chaque prévenu.

En face, la défense s’est montrée tout aussi offensive. S’appuyant sur l’absence de preuves tangibles et la fragilité des accusations, les avocats ont demandé un acquittement pur et simple, dénonçant ce qu’ils considèrent comme un procès bâclé et fondé sur des spéculations plutôt que sur des faits.

Le tribunal, après avoir écouté les deux parties, a mis l’affaire en délibéré. Le jugement est très attendu dans une région encore marquée par les stigmates des violences. Ce procès, qualifié de « pédagogique » par les parties prenantes, pourrait bien faire jurisprudence, à condition que justice soit rendue avec rigueur et impartialité.

Les affrontements de janvier dernier avaient éclaté autour d’un litige territorial entre Sambia (Dungu) et Akuwa (Faradje). Mais derrière ce prétexte administratif, les autorités soupçonnent des motivations plus obscures. Les violences ont laissé un lourd bilan humain et matériel. Face à l’urgence, le gouverneur Jean Bakomito avait immédiatement déployé une mission spéciale pour apaiser les tensions et restaurer le dialogue.

Aujourd’hui, au cœur du procès, c’est toute une province qui espère que la vérité triomphera, et que plus jamais les querelles de territoire ne se transformeront en bains de sang.

La Rédaction

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