Le ministre délégué à la Défense nationale, Eliezer Ntambwe, a confirmé la tenue prochaine d’un forum de dialogue réunissant les filles et fils du Grand Bandundu, dans le cadre des efforts visant à consolider la paix dans cette partie de la République démocratique du Congo. Il s’est exprimé lundi 17 août 2026 lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Lors de cette séance, Eliezer Ntambwe a dressé un bilan encourageant de l’évolution de la situation sécuritaire dans la zone. Il a indiqué que 72 villages avaient déjà été pacifiés dans le triangle Bandundu-Kinshasa-Kongo Central, dans le cadre des efforts entrepris pour mettre fin aux violences qui affectent cette partie du pays.
Le ministre délégué à la Défense nationale a toutefois reconnu certains dérapages attribués à des éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au cours de cette période. Il a également dénoncé ce qu’il considère comme une certaine exagération de la part de la population.
« Dans certains coins, les militaires, avec leur solde, sont très stables financièrement. Ça suscite une certaine jalousie », a-t-il déclaré.
Contrairement à certaines perceptions, Eliezer Ntambwe a soutenu que les violences enregistrées dans cette partie du pays trouvent principalement leur origine dans un conflit foncier qui dure depuis environ quatre ans.
Il a expliqué que la mission lui confiée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, consiste notamment à sensibiliser les populations afin de favoriser le retour à la paix.
« Nous faisons de notre possible. Personne ne peut faire face à l’État. Même ceux qui traînent encore en brousse, nous savons bien les identifier », a-t-il affirmé.
Concernant la méthode employée pour ramener les ex-miliciens vers la voie de la paix, le ministre délégué a notamment mis en avant la collaboration avec la presse et la transparence des démarches entreprises auprès des groupes armés.
« Je n’ai pas discrètement discuté avec les Mobondo. Tout a été discuté devant la presse. La mission que le chef de l’État nous a confiée était de faire sortir les ex-miliciens de la brousse, mieux, la sensibilisation », a-t-il expliqué.
Selon lui, 596 personnes ont déjà été orientées vers Kaniama Kasese, tandis que 146 armes ont été remises au vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale.
Eliezer Ntambwe s’est par ailleurs montré favorable au recours à la justice transitionnelle en République démocratique du Congo. Il a insisté sur la nécessité d’aller au-delà de la seule réponse judiciaire en favorisant un dialogue entre les différentes communautés et les notables de la région.
L’objectif, a-t-il expliqué, est de permettre aux différentes parties de se retrouver autour d’une même table afin de rechercher la vérité et de jeter les bases d’une réconciliation durable.
Dans cette perspective, le ministre délégué a également sollicité l’implication de la presse nationale et internationale dans l’accompagnement du programme de retour encadré des populations déplacées.
Selon lui, ce dispositif devrait contribuer à prévenir une nouvelle montée des tensions entre les communautés lors du retour des populations dans leurs milieux d’origine.
Dans une note d’espoir, Eliezer Ntambwe a appelé les jeunes à envisager l’intégration des forces armées afin de contribuer à la défense de la patrie.
Il a également invité les acteurs politiques, toutes tendances confondues, à privilégier la paix, la cohésion nationale et le vivre-ensemble, estimant que la stabilité de la région passe par une responsabilité collective.
Enfin, le ministre délégué à la Défense nationale a évoqué le projet de loi portant statut des anciens combattants. Il a présenté ce texte comme un instrument destiné à améliorer la prise en charge de cette catégorie de citoyens et a réaffirmé sa détermination à travailler dans le sens de la vision du chef de l’État, notamment en faveur du volet social des anciens combattants.
FIDEL SONGO