Chaque année à la date du 8 mars, l’humanité toute entière célèbre la journée consacrée aux droits de la femme. En République démocratique du Congo, tout le mois de mars est dédié aux femmes. L’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC) est le seul et unique établissement public du pays qui a un comité gestion composé d’un binôme féminin, en l’occurrence, la Directrice Générale, Mimy Monga Numbi, et la Directrice Générale Adjointe, Berthe Kenedi Isakong.
Le 12 mars 2025, les deux femmes ont jugé bon d’honorer, de mettre en valeur les héroïnes dont le travail est déterminant pour la qualité du café. Il s’agit bien des femmes trieuses de l’ONAPAC. Hormis le café, l’ex-OZACAF traite également d’autres produits pérennes, à savoir : le thé, le cacao, l’hévéa (caoutchouc), la vanille, la rauwolfia, le vinca digitalis, les plantes à parfum, le ketchou, les plantes à épices, le lippia multiflora, les huiles essentielles, le quinquina, les plantes médicinales, le pyrèthre, la noix de cola, le gingembre, le pigeum, la papaïne. Dans cet établissement public, les femmes se retrouvent presque partout (divers services) : le triage, le commercial, la technique, l’agronomie, les finances, etc.

Avant cette ronde effectuée dans l’enceinte de la Direction Générale de l’ONAPAC à Kinshasa, Mimy Monga Numbi avait adressé à la population congolaise ce message fort : « En ce mois de mars dédié à la femme dont le thème tourne autour de la justice distributive à toutes les femmes, il est injuste de voir que certains compatriotes se sont alliés à nos ennemis rwandais pour faire souffrir toute la population de l’Est, en particulier la femme et l’enfant. Nous sommes solidaires avec nos sœurs, nos mères, nos grands-mères, qui sont dans ces zones occupées, en particulier celles qui travaillent dans des zones de production des produits pérennes, à savoir le café, le cacao et les autres produits sous notre supervision… »
Peu de ressources (1.4), meilleure redistribution
La Côte-d’Ivoire s’identifie au cacao, le Madagascar à la vanille. Et pourquoi pas la RD Congo au café ? Les deux premiers pays cités ont vu leur économie éclore grâce à ces produits pérennes étant donné qu’ils y ont affecté des moyens colossaux, subventionné ce secteur (taux de 11 au pays des Eléphants). Tandis ces ressources qui étaient de l’ordre de 9 à l’époque du Zaïre (OZACAF) ont été rabattues au taux de 1.4 à l’heure actuelle. Aussi, l’ONAPAC n’a-t-il fait qu’accélérer sa descente aux enfers alors qu’il supervise non seulement le café de bonne qualité, mais aussi le cacao, la vanille, l’hévéa et une vingtaine d’autres produits qui champignonnent sur d’incommensurables terres arables du Congo.

Il a fallu qu’il soit placé, depuis août 2023 à la tête de l’ONAPAC, un leadership visionnaire, un leadership féminin pour que cet établissement public, qui a toujours été combattu par le patronat congolais, commence à renaître de ses cendres. Nonobstant les maigres moyens, Mimy Monga Numbi parvient à les redistribuer rationnellement dans le paiement des salaires aussi bien du personnel que des mandataires, dans les charges sociales, dans l’achat du matériel, et surtout, dans l’investissement. Le gouvernement de la République n’ayant toujours pas réalisé sa promesse de prendre en charge l’enveloppe salariale de l’ONAPAC à travers le budget annexe, et la prise de Goma, Bukavu et autres parties du grand Kivu par la rébellion M23/AFC ne facilitent la tâche à ce comité de gestion au féminin.
Et pourtant, la RD Congo doit profiter de la chute de la production de cacao en Côte-d’Ivoire et aussi de la chute de la production de café dans le monde pour prendre le lead de ces deux marchés avec les 80 millions d’hectares de terres arables et plus de 100.000 hectares de plantations de café abandonnées.

L’implication du Président Tshisekedi s’impose
Le tandem Mimy Monga Numbi – Berthe Kenedi Isakong accompagné des experts se dit disposer à fournir au premier citoyen de la République des explications claires afin de lui démonter l’importance des produits pérennes pour la relance de l’économie congolaise. Le cacao de la Côte-d’Ivoire et la vanille du Madagascar seront cités en exemple. Il n’y a pas que les minerais dans un pays où l’on a toujours scandé : « L’agriculture c’est la priorité des priorités ». Il sied de noter qu’1kg de cacao coûte plus cher qu’1kg de cuivre. L’éventualité d’une telle audience serait aussi une belle occasion d’informer Félix Tshisekedi que, dans l’exploitation du café, la mafia fait perdre annuellement à la RDC plus de 120 millions de dollars américains. L’implication du Chef de l’Etat s’impose pour arrêter cette prédation.

En ce mois dédié aux femmes congolaises, le Président de la République qu’on surnomme « champion de la masculinité positive, devrait leur prêter une oreille attentive. Surtout celles qui ont des belles idées pour renflouer les caisses de l’Etat congolais saignées à blanc en raison de la guerre d’agression rwandaise. C’est bien cela le front socio-économique. Le comité de gestion et toutes les femmes de l’ONAPAC réitèrent son soutien indéfectible à l’armée congolaise et à son Commandant suprême. L’ONAPAC a activement participé à l’effort de guerre.
James Mpunga Yende