C’est une position qui mérite une attention particulière. Alors que plusieurs acteurs politiques plaident pour l’organisation d’un dialogue national, parfois perçu comme une voie vers un partage des responsabilités politiques, Léonard She Okitundu affirme placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de toute autre considération.
Dans une déclaration politique publiée ce lundi, sa formation, le Parti social-démocrate vert (PSDV), est revenue sur cette question qui divise la classe politique congolaise depuis plusieurs mois. Pour She Okitundu et son parti, il serait inapproprié de privilégier, à l’heure où des portions du territoire national sont occupées par des rebelles soutenus par Kigali, un dialogue national, quel qu’en soit le format.

Selon l’ancien ministre des Affaires étrangères, négliger cet élément fondamental reviendrait, dans le contexte actuel, à céder à la diversion, à faire le jeu de l’agresseur en validant son narratif d’internalisation du conflit, et à banaliser l’occupation du territoire congolais par les troupes rwandaises. Une telle posture risquerait, selon lui, de créer un précédent fâcheux et d’hypothéquer durablement la souveraineté nationale.
Tout en reconnaissant que la crise à laquelle la RDC est confrontée ne procède pas d’une dynamique interne, mais d’un conflit interétatique consécutif à une agression rwandaise caractérisée et reconnue par une large partie de la communauté internationale, le PSDV souligne que le dialogue ne saurait constituer une panacée. Le parti estime que les forces politiques et sociales devraient, de manière impérative et provisoire, mettre leurs divergences en veilleuse, raviver leurs réflexes patriotiques et accomplir d’abord le devoir de défendre l’intégrité du territoire national.
En revanche, She Okitundu et le PSDV considèrent que le recouvrement préalable de l’intégrité territoriale créerait un climat propice à des pourparlers intercongolais, à l’abri de toute immixtion extérieure.
Le Parti social-démocrate vert réitère ainsi sa condamnation de l’agression de la RDC par le Rwanda, qu’il qualifie de violation des dispositions pertinentes de la Charte des Nations Unies, de l’Acte constitutif de l’Union africaine, du Statut de Rome ainsi que de divers instruments juridiques régionaux.

« Le PSDV appelle les protagonistes au conflit à s’acquitter, chacun en ce qui le concerne, des obligations qui leur sont imposées par la résolution 2773, feuille de route principale pour le règlement durable du conflit», déclare le parti.
Plus loin, cette formation politique, membre de l’Union sacrée, attire l’attention sur le fait qu’aucune interprétation cavalière des engagements issus des processus complémentaires de Doha et de Washington ne saurait contredire ladite résolution, conformément à l’article 103 de la Charte des Nations Unies.
Dans le cas échéant, le PSDV plaide pour le déploiement d’une force internationale d’interposition le long de la frontière congolo-rwandaise, en guise de mesure de confiance mutuelle.
Tout en campant sur cette ligne de fermeté, le PSDV reconnaît néanmoins les vertus du dialogue politique sous forme de table ronde, de conférence ou de concertation comme mode traditionnel de résolution des crises politiques majeures dans l’histoire de la RDC.
Fidel Songo
Fidel Songo


