Kinshasa : le célèbre quartier Pakadjuma plongé dans une flambée de violences après sa démolition

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Alors qu’il est fragilisé depuis quelques heures par les récentes opérations de démolition et une précarité persistante, le bidonville de Pakadjuma a basculé ce mardi matin dans une spirale de violences inquiétantes. Des tirs à balles réelles retentissent encore et des affrontements entre groupes rivaux et des scènes de pillage ont brutalement rompu le calme précaire qui régnait dans cette partie de Kinshasa.

D’après plusieurs témoignages concordants recueillis sur place, des détonations ont retenti à différents moments de la matinée, plongeant les habitants dans une panique généralisée. Des individus armés auraient fait usage de munitions réelles, ce qui a provoqué une fuite désordonnée de nombreux riverains cherchant désespérément à se mettre à l’abri.

Un premier bilan, encore provisoire, fait état d’au moins deux civils blessés par balle. Les victimes auraient été atteintes alors qu’elles tentaient d’échapper aux violences.

Tout a commencé par la mobilisation des habitants touchés par la démolition, se sentant délaissés et sans des mesures sociales d’accompagnement.

Mais, la manifestation a rapidement dégénéré.
Des jeunes délinquants connus sous l’appellation de Kuluna se seraient mêlés au mouvement, détournant la revendication sociale vers des affrontements violents. Des machettes, couteaux et autres armes blanches ont été aperçus, tandis que plusieurs agressions ciblées ont été signalées dans différents secteurs.

Plus troublant encore, certaines sources locales évoquent un possible encadrement ou une protection accordée à ces groupes par des éléments incontrôlés des forces de sécurité. Des accusations graves, qui exacerbent la défiance et alimentent la colère d’une population déjà à bout.

À Pakadjuma, la tension reste vive. Les habitants dénoncent une réponse sécuritaire qu’ils jugent disproportionnée face à des revendications essentiellement sociales. Privés de relogement, sans indemnisation clairement définie et sans cadre de dialogue avec les autorités, beaucoup estiment avoir été abandonnés à leur sort.

« On détruit nos maisons, on tire sur nous, et personne ne veut entendre notre souffrance », lâche un résident, encore sous le choc.

Dans la commune voisine de Kingabwa, une station-service a été prise pour cible et pillée dans la matinée, illustrant la fragilité de l’ordre public. Par précaution, plusieurs entreprises et travailleurs opérant aux alentours de Pakadjuma ont interrompu leurs activités, obligeant de nombreux employés à quitter les lieux dans l’urgence.

Si la police demeure visible dans la zone, la situation reste hautement volatile. La crainte d’une reprise des violences plane toujours, dans un contexte où la détresse sociale continue de nourrir la colère populaire.

FS

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