Les échos de la crise sécuritaire et politique qui secoue actuellement la République démocratique du Congo sont parvenus jusqu’aux oreilles du Saint-Père, le pape Léon. Reçu dernièrement à Rome par le successeur de l’apôtre Pierre, l’opposant congolais Moïse Katumbi semble avoir « tout dit » et n’avoir « rien laissé de côté ».
Au cœur des échanges figure la gestion de la crise sécuritaire persistante depuis des décennies en RDC, particulièrement dans la partie Est du pays. L’ancien gouverneur de l’ex-province du Katanga a longuement évoqué cette situation avec le Souverain pontife. À ce sujet, malgré certaines avancées diplomatiques, notamment à travers les initiatives internationales de Washington et de Doha ayant abouti, tant bien que mal, à la signature de quelques accords en vue d’un hypothétique retour de la paix, aucune solution pacifique durable n’a, à ce jour, été enregistrée.
Depuis plus d’une année déjà, des territoires entiers sont occupés par les éléments de l’AFC-M23, soutenus par l’armée rwandaise. Et, malgré le retrait dit « volontaire » des rebelles de certaines zones, notamment la ville d’Uvira, ainsi que l’annonce de la « fin » de la guerre faite par Corneille Nangaa, figure politique de premier rang du mouvement rebelle, la réalité sur le terrain demeure plus que préoccupante. Des populations continuent d’être tuées et le spectre de la balkanisation du pays plane toujours.
Par ailleurs, le refus catégorique du président Félix Tshisekedi d’accorder une chance à un dialogue national sincère et inclusif constitue, selon l’opposition, l’un des principaux blocages à l’évolution de la situation, à environ une année et demie de la tenue des élections conformément à la Constitution. Le chef de l’État, qui justifie sa position par son opposition à tout dialogue avec ceux qu’il accuse d’avoir du sang congolais sur les mains, ne décolère pas quant à ce. D’ailleurs, son entourage de l’Union sacrée de la nation insiste également sur le caractère « tri-sélectif » du dialogue envisagé, pourtant censé favoriser la réconciliation entre filles et fils d’un même pays.
À ce sujet, le professeur TSHILUMBA a, sans ambages, déclaré que les opposants politiques soupçonnés d’être de mèche avec les rebelles ne seront pas acceptés sur la table des négo lors du dialogue. Il a souligné que ces derniers doivent se rendre à Doha où les discussions sont entretenues avec les rebelles.
De leur côté, plusieurs opposants vivant désormais hors pays, « exilés politiques », affirment ne disposer d’aucune garantie sécuritaire et souhaitent que ces assises se tiennent hors du territoire national, une condition rejetée catégoriquement par le régime en place.
À l’issue de son audience au Vatican, Moïse Katumbi a salué l’oreille attentive du Saint-Père, tout en affirmant que « Cette rencontre avec le Pape montre que le Saint-Siège suit attentivement la situation de notre pays et qu’il souhaite soutenir toute initiative pacifique visant à rétablir la cohésion sociale et la stabilité ».
Pour sa part, le pape Léon, fidèle à son engagement diplomatique et pastoral, a insisté sur la nécessité de privilégier le dialogue, la réconciliation nationale et la protection des populations civiles.
De l’autre côté, des acteurs politiques et animateurs de mouvements citoyens critiques envers le régime se disent être victimes d’une véritable chasse à l’homme de la part du pouvoir.
À ce rythme, seul l’avenir nous en dira davantage…
Fidel Songo


