Kinshasa : la Commission Environnement de l’APK évalue la gestion sanitaire et environnementale des HGR de Kinkole et Maluku

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Dans le cadre de sa mission d’information et d’itinérance à travers les structures sanitaires de la capitale, la Commission aménagement du territoire et environnement de l’Assemblée provinciale de Kinshasa (APK), conduite par l’honorable Steve Mulumba Kongolo, a effectué une descente de terrain à l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Kinkole et à celui de Maluku.

Cette mission avait pour objectif principal d’évaluer les conditions sanitaires, la gestion environnementale ainsi que les difficultés structurelles auxquelles font face ces établissements hospitaliers, essentiels pour la prise en charge de la population kinoise.

HGR de Kinkole : entre vétusté des infrastructures et défis environnementaux

Créé en l’an 2000, l’Hôpital Général de Référence de Kinkole était auparavant connu sous le nom de CNPP. À sa création, il avait bénéficié de l’appui du Rotary International, qui avait assuré près de 70 % de sa réhabilitation et de son équipement. Aujourd’hui, l’établissement dispose d’une capacité théorique de 200 lits, dont seulement 120 sont montés et opérationnels, la plupart étant vétustes.

La délégation conduite par l’honorable Steve Mulumba Kongolo a été informée de plusieurs difficultés majeures, notamment le manque de financement et le non-paiement de certains agents, situation qui affecte sérieusement leur motivation. Pourtant, l’hôpital emploie plus de 1 300 personnes, dont 175 médecins, 450 infirmiers et un important personnel administratif. Faute d’un appui financier suffisant de l’État, la structure fonctionne essentiellement grâce aux contributions d’une population locale elle-même vulnérable. Les plaidoyers adressés aux partenaires techniques et financiers restent, à ce jour, sans réponse concrète.

Concernant la morgue, l’HGR de Kinkole dispose d’une morgue étatique de 24 places, construite en 2008. Cependant, la demande étant largement supérieure à la capacité d’accueil, les équipements existants sont soumis à une forte pression. Une nouvelle morgue, construite avec l’appui des partenaires, est en cours de finalisation et sera bientôt opérationnelle.

Sur le plan environnemental, la gestion des déchets est jugée globalement satisfaisante, avec un système de tri à l’aide de trois types de poubelles. Toutefois, l’incinérateur destiné aux déchets solides a été détruit. En attendant, l’hôpital utilise un brûleur pour certains déchets. Un nouvel incinérateur, offert par Expertise France, sera prochainement mis en service afin d’améliorer le traitement des déchets biomédicaux.

HGR de Maluku : une structure stratégique confrontée à des contraintes financières

La mission d’information s’est ensuite poursuivie à l’Hôpital Général de Référence de Maluku. Prenant la parole, le médecin directeur a présenté la Zone de Santé de Maluku 1, considérée comme la principale porte d’entrée fluviale de la ville de Kinshasa, avec plus de 25 ports. Cette zone de santé compte 15 aires de santé et une structure hospitalière créée en 1930 par la reine Élisabeth.

L’HGR de Maluku dispose de 100 lits montés et de dix services, notamment la chirurgie, la pédiatrie, la maternité, l’ophtalmologie, la dentisterie, la pharmacie et la kinésithérapie. L’établissement emploie 302 agents, dont 72 médecins, et relève hiérarchiquement de la Division Provinciale de la Santé.

Cependant, la structure fait face à de sérieuses difficultés financières. Plusieurs agents ne sont plus payés depuis le mois d’avril, ce qui impacte négativement leur motivation et la qualité des services offerts. La morgue, initialement conçue pour accueillir 24 corps, ne dispose aujourd’hui que de 12 chambres fonctionnelles et héberge actuellement 23 indigents.

Gestion des déchets et recommandations

En matière de gestion des déchets, l’HGR de Maluku assure le traitement des déchets solides, liquides et des excrétas, à travers un processus incluant la réduction, le tri, la collecte, le stockage, le traitement et l’élimination. Les eaux cadavériques sont également traitées. Toutefois, l’établissement ne dispose pas d’incinérateur et recourt à un brûleur pour les déchets solides, à l’exception des flacons.

À l’issue de la visite, la Commission aménagement du territoire et environnement, conduite par l’honorable Steve Mulumba Kongolo, a formulé plusieurs recommandations, notamment la recherche de partenaires pour l’évacuation des déchets au lieu de leur brûlage, la mise en place d’un système permanent de désodorisation des morgues, l’amélioration de la gestion des eaux cadavériques par la construction d’un bassin de décantation, ainsi que la modernisation des installations sanitaires.

Un appel à l’engagement des autorités

Au terme de cette mission, la Commission a insisté sur la nécessité d’un engagement urgent des autorités compétentes afin d’assurer un financement adéquat, la motivation du personnel et le respect des normes environnementales au sein des hôpitaux généraux de référence. Un plaidoyer jugé indispensable pour garantir des soins de santé de qualité et un environnement sain au profit de la population de Kinshasa.

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