Arrestation d’Aubin Minaku : « Jusqu’à quand piétinera-t-on les droits humains et les libertés fondamentales ? » (Martin Fayulu)

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L’arrestation nocturne d’Aubin Minaku, intervenue dimanche dernier à son domicile de Kinshasa, continue de susciter de vives réactions bien au-delà de son cercle politique habituel. Si ses camarades du PPRD et du FCC ont exprimé leurs inquiétudes, des figures de l’opposition, pourtant historiquement critiques du régime de Joseph Kabila auquel Minaku était affilié, ont également dénoncé les circonstances de cette interpellation.

Delly Sessanga, ancien opposant au pouvoir de Kabila, a condamné ce qu’il qualifie d’arrestation arbitraire du vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), estimant qu’elle constitue une atteinte grave aux libertés et à la sûreté individuelles.

« Dans un État de droit, le respect de la Constitution n’est pas facultatif. La liberté, la sûreté individuelle et le droit d’être présenté devant son juge naturel, conformément aux procédures légalement établies, sont des garanties constitutionnelles. L’enlèvement d’Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale, les viole de manière flagrante », a-t-il déclaré.

Le président du parti Envol a également fustigé ce qu’il considère comme une privation illégale de liberté devenue une pratique récurrente, réduisant, selon lui, la Constitution à un simple « décor ».

De son côté, Martin Fayulu, autre figure de l’opposition longtemps opposée au régime précédent, a dénoncé la persistance des violations des droits humains et des libertés fondamentales en République démocratique du Congo. S’exprimant mercredi sur le réseau social X, il a appelé au strict respect des dispositions constitutionnelles.

« Arrestation d’Aubin Minaku, ancien président de l’Assemblée nationale. Jusqu’à quand continuera-t-on à piétiner les droits humains et les libertés fondamentales ? La Constitution est pourtant claire. Relisez les alinéas 1 et 2 de l’article 17 ainsi que l’intégralité de l’article 18 de la Constitution de la RDC », a-t-il écrit.

Selon plusieurs sources concordantes, notamment des proches politiques et des témoins oculaires, Aubin Minaku a été interpellé à son domicile par des hommes armés, pour des motifs qui n’ont pas encore été officiellement communiqués par les autorités. Proche allié de l’ancien président Joseph Kabila, il aurait été conduit vers une destination inconnue peu après minuit. Des sources sécuritaires, s’exprimant sous couvert d’anonymat, indiquent que l’opération s’est déroulée sans violence apparente, bien que la résidence ait été entièrement bouclée par des éléments des forces spéciales.

Japhet Punzu

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