En République Démocratique du Congo, la mission d’un mandataire public est d’assurer une gestion efficiente, transparente et axée sur les résultats des entreprises et établissements publics, en veillant à la bonne gouvernance, au respect des lois et à la rentabilité, afin de contribuer au développement économique du pays. Cela implique de suivre les directives gouvernementales, de gérer le patrimoine de l’Etat, d’innover, et de rendre compte de ses actions au mandant (l’Etat). C’est cette mission que s’est appropriée la Directrice Générale de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (ONAPAC), Mimy Monga Numbi.
L’année 2025 qui vient de s’achever aura été de dure labeur pour le comité de gestion de l’ONAPAC, un binôme féminin. Dans son discours annuel sur l’état de la Nation devant les Députés nationaux et Sénateurs réunis en Congrès au Palais du Peuple, le Président de la République, Félix Tshisekedi, avait lui-même dressé le bilan et fixé les perspectives pour ce secteur des produits agricoles pérennes relevant de cet établissement en ces termes :
« Pour les campagnes 2024-2025 et 2025-2026, ce sont plusieurs milliers de tonnes de semences vivrières et maraichères, des dizaines de milliers de kilomètres linéaires de bouture de manioc et des millions de plantules de cultures pérennes (cacao, café, palmier à huile) qui ont été programmés, afin de renforcer la production de base dans les territoires […] En parallèle, nous avons lancé une campagne de promotion des cultures pérennes – cacao, café, quinquina – avec l’ambition d’atteindre, à terme, des volumes d’exportation de l’ordre de 120.000 tonnes de cacao et 50.000 tonnes de café, créant ainsi des revenus durables pour les petits planteurs. Pour mieux protéger les exploitants contre les chocs climatiques, nous avons commencé à déployer un mécanisme novateur d’assurance agricole indicielle. Plus de 100.000 agriculteurs bénéficient déjà d’un produit d’assurance lié au risque climatique, et de nouveaux produits vont couvrir, dès 2026, les maladies des cultures comme la chenille légionnaire. »

Faits marquants 2025
D’abord, le mois de mars dédié à la femme congolaise a été célébré comme il se doit dans cet établissement public. « En cette date du 26 mars 2025 pour la clôture de ce mois dédié aux droits de la femme à l’ONAPAC, l’occasion m’échoit de dénoncer le peu de place réservé aux femmes en politique, dans certaines entreprises publiques et privées. Je déplore aujourd’hui que les femmes sont victimes des violences, et plus particulièrement à l’Est de notre pays, suite à la guerre d’agression nous imposée. Les femmes qui travaillent dans le secteur des produits agricoles dans cette partie du pays ne sont pas épargnées de ces violences et sont victimes de viols et de tueries dans leurs champs. » Cette dénonciation faite par Mimy Monga Numbi aura marqué les esprits dans l’enceinte même de l’ONAPAC.
Quarante-huit heures après, le vendredi 28 mars 2025, la DG de l’ONAPAC était l’une des panélistes au cours d’une table ronde des femmes leaders organisée au Musée national de Kinshasa. Ce jour-là, elle avait abordé le thème « Femmes, levez-vous pour défendre la patrie ! » A cette occasion, elle a remercié vivement le Champion de la masculinité positive, le Président Félix Tshisekedi, qui a eu l’amabilité de nommer deux femmes à la tête de l’ONAPAC pour renforcer cet établissement et apporter un nouveau souffle grâce à leur expérience professionnelle diversifiée. Mimy Monga Numbi et son adjointe, Berthe Kenedi Isakong, ont multiplié des messages de soutien aux vaillants éléments des FARDC et patriotes Wazalendo qui défendent jusqu’au sacrifice suprême l’intégrité du territoire national, particulièrement la partie Est envahie par les troupes rwandaises et leurs supplétifs de l’AFC/M23.
Quant aux enjeux agricoles, madame la DG n’a cessé de souligner lors de ce forum, que la guerre continue dans la partie Est de la RD Congo à cause non seulement de ressources minières, mais également de produits agricoles, notamment le café, le cacao et la vanille exportés illicitement à l’extérieur du pays par les rebelles. Selon elle, la Côte-Ivoire, autrefois premier producteur de cacao, est en train de chuter faute d’espaces cultivables et de vieillissement de ses plantations. Cependant, disposant de plus de 80 millions d’hectares de terres arables dont seulement 1% est cultivé, la RDC est aujourd’hui la meilleure destination pour l’agriculture.
Toujours au cours de cette année 2025, une affaire a secoué cet établissement public : la spoliation du patrimoine immobilier de l’ONAPAC dans les territoires occupés par la rébellion. De quoi s’agissait-il ? Ce qui n’était qu’une rumeur a fini par apparaître au grand jour. En effet, le média en ligne ESTNEWS.INFO basé dans les territoires occupés a balancé cet article au début du mois de juillet : « Est de la RDC : l’ONAPAC va vendre une partie de ses biens pour relancer ses activités au Sud-Kivu, annonce Dunia Masumbuko, gouverneur intérimaire du Sud-Kivu sous l’AFC/M23 ». Cette publication a précisé que cette vente devait s’opérer « sur instruction de la hiérarchie du mouvement révolutionnaire Alliance Fleuve Congo/M23. N’étant nullement habilité à engager l’ONAPC par sa hiérarchie, le directeur provincial de cet établissement a fait une série de promesses une fois la vente réalisée.
A Kinshasa, Mimy Monga Numbi et son équipe ont mobilisé la presse pour dénoncer cette spoliation. Bizarrement, des aigris et malveillants ont même, à travers des tracts, tenté de l’impliquer dans cette tentative de ventes du patrimoine immobilier de l’ONAPAC intervenant en temps suspect, dans un espace où la rébellion fait la loi, à des milliers de kilomètres de la capitale où se trouve la Direction Générale. Aussi, un communiqué de presse signé par le comité de gestion en date du 22 juillet 2025 a-t-il été rendu public. En voici les grandes lignes : « L’Office National des Produits Agricoles du Congo, – ONAPAC – en sigle, informe l’opinion tant nationale qu’internationale, qu’il ne procède en aucune façon à la vente de ses biens immeubles sur l’étendue du territoire national […] Tout membre de son personnel qui oserait entreprendre ou faciliter des démarches tendant à l’aliénation de ces biens immobiliers sera considéré comme complice et s’exposera à des sanctions administratives et judiciaires. » Il a aussi mis en garde les potentiels acquéreurs. La campagne d’intox contre Mimy Monga Numbi a échoué et la tempête s’est calmée depuis lors.
« De l’Expo-Béton RDC 2025 au Forum économique et d’investissements aux USA : la DG de l’ONAPAC Mimy Monga Numbi laisse des empreintes indélébiles », est le titre de l’article paru sous notre plume. En effet, la Première Ministre, Judith Suminwa, avait présidé, au nom du Chef de l’Etat congolais, la première édition du Forum économique et d’investissements USA-RDC à Washington, le 14 octobre 2025. Mimy Monga Numbi a, en tant que représentante du ministre de l’Agriculture empêché, saisi cette occasion pour présenter son pays la RDC comme une terre d’opportunités agricoles pour les investisseurs américains. Certes, les produits pérennes de la RDC n’étaient, jusque-là, pas connus au pays de l’Oncle Sam. Mais la DG de l’ONAPAC a peint un tableau reluisant de son établissement public qui met en valeur les produits pérennes destinés à l’exportation dont le café, le cacao, la vanille et le thé. Cette mandataire s’était fait accompagner des opérateurs de Beni (ville du Nord-Kivu) pour prouver à ses interlocuteurs que les affaires sont aussi possibles dans la partie Est de la RDC en proie à la guerre.
Quelques jours auparavant, elle avait activement pris part à la 10ème édition de l’Expo-Béton RDC dont le thème central était : « 100 milliards USD pour rebâtir la RDC post-conflit : catalyser une transformation audacieuse pour le 21ème siècle. » Parmi les nombreux panélistes de ce forum, Mimy Monga Numbi a, quant à elle, développé le sous-thème : « Relance et modernisation des filières traditionnelles (bois, coton, huile de palme, café, cacao, pêche) comme leviers de développement durable et d’intégration aux marchés nationaux et régionaux/ Grand Equateur et Grand Oriental. Ce jour-là, la matière a coulé comme de l’eau. « Ce qui se conçoit bien… »
Le dernier fait marquant de cette année 2025, c’est la pose de plantules de cacao et ca fé à Nkamba dans la province du Kongo-Central avec la bénédiction du chef spirituel Simon Kimbangu Kiangani. C’était en mi-décembre. Sur cette terre kimbanguiste, la DG de l’ONAPAC était toujours vêtue en vert et blanc, couleurs de cette grande église congolaise et internationale. « Ce programme ambitieux va consister à planter 300.000 hectares de cacao par an et pendant 5 ans, avec objectif de dépasser la Côte-d’Ivoire et de concurrencer plusieurs pays producteurs de café et de cacao. », a-t-elle annoncé. Le partenariat ONAPAC – Eglise kimbanguiste se porte donc à merveille.
Il sied de rappeler, enfin, que le comité de gestion de l’ONAPAC était bien présent au Palais du Peuple, le 8 décembre 2025, pour auditionner le discours du Chef de l’Etat sur l’état de la Nation. Bilan élogieux.
James Mpunga Yende


