Dans le cadre du renforcement des actions du pouvoir législatif dans la lutte contre la corruption, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, le professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi Musawu, a procédé au lancement officiel du nouvel ouvrage du docteur Roger Kaluwa Mwepu intitulé : « Née des cendres, grandit dans la malhonnêteté, lorsque la corruption devient système entre les mains de l’Église ».
La cérémonie s’est tenue ce jeudi 15 janvier 2026 à l’hôtel Rotana de Kinshasa, en présence notamment de la questeure de l’Assemblée nationale, l’honorable Grâce Paininye.
S’exprimant au nom du Bureau de l’Assemblée nationale et en sa qualité de parrain de l’ouvrage, le professeur Isaac JC Tshilumbayi a salué la pertinence et la portée scientifique de cette publication, lors de son intervention intitulée « Leçon présidentielle ».
Dans son exposé, il a structuré sa réflexion autour de sept axes majeurs, abordant notamment la corruption en tant que phénomène systémique, ses causes profondes, ses implications économiques et sociales, avant de conclure sur la responsabilité éthique de l’élite congolaise et de chaque citoyen face à ce fléau.
À cette occasion, le premier vice-président de la Chambre basse a dénoncé un mal qui traverse tous les secteurs de la vie nationale. Malgré les initiatives entreprises et les efforts consentis par les institutions, a-t-il relevé, la corruption demeure un frein majeur au développement socio-économique du pays. Les cas régulièrement dénoncés au sein des institutions publiques devraient, selon lui, interpeller les autorités ainsi que l’ensemble des citoyens, chacun selon sa sphère d’influence.
Prenant la parole à son tour, l’auteur de l’ouvrage, le docteur Roger Kaluwa Mwepu, a plaidé pour une rupture radicale avec ce qu’il qualifie de système mythifié de corruption, désormais intégré comme mode de fonctionnement social. Il a fondé son analyse sur la thèse selon laquelle : « La corruption la plus dangereuse est celle des systèmes. Lorsqu’un système est corrompu, il produit la clochardisation des citoyens ».
À l’image du titre de son livre, l’auteur dresse un tableau critique de la société congolaise, de la scène politique ainsi que du rôle de l’Église en République démocratique du Congo.
Institution pourtant appelée à incarner la conscience morale et à éclairer la nation, l’Église est décrite comme étant devenue, selon lui, un rouage de la machine de prédation. Il estime qu’elle joue un rôle ambigu de médiateur moral, tout en demeurant une entité stratégique capable soit d’accompagner, soit de freiner la lutte contre la corruption.
Parue en 2025 aux Éditions Universitaires Européennes, cette œuvre scientifique et littéraire de 260 pages, réparties en 14 chapitres, poursuit plusieurs objectifs majeurs, notamment la transformation du citoyen spectateur en citoyen acteur, la rupture avec les réformes de façade, la déconstruction du mythe de l’homme providentiel, ainsi que la fin de la production des citoyens fantômes.
Il convient de souligner que le docteur Roger Kaluwa a saisi cette opportunité pour exprimer sa reconnaissance au Bureau de l’Assemblée nationale, tout en saluant l’implication personnelle du professeur Isaac JC Tshilumbayi, premier vice-président de l’institution, pour sa sollicitude et son engagement en faveur de cette œuvre qui s’inscrit dans le renforcement des actions de lutte contre la corruption.
La cérémonie a également été marquée par la participation notable du conseiller du Chef de l’État en matière politique et électorale, Charly Tonsi.
Fidel Songo


