Les propos tenus récemment par Arlette Odia, cadre du PPRD, selon lesquels le régime de l’ancien président Joseph Kabila aurait respecté la loi et les droits de l’opposition, a poussé Exodus Lukombo, cadre du collectif des Communicateurs et défenseurs des institutions à réagir. Selon elle, ces déclarations sont non seulement contestables, mais relèvent d’une tentative manifeste de réécriture de l’histoire politique congolaise.
Exodus Lukombo rejette fermement l’idée selon laquelle les opposants n’auraient jamais été taxés de rebelles, séquestrés ou contraints de fermer leurs partis politiques sous le régime Kabila. Selon elle, une telle affirmation appelle une mise au point rigoureuse, au regard des faits largement documentés par les organisations de défense des droits humains, tant nationales qu’internationales.
Elle rappelle que cette période a été marquée par des arrestations arbitraires, des détentions illégales, des répressions violentes de manifestations pacifiques, ainsi que par des restrictions sévères des libertés publiques et politiques. Plusieurs acteurs politiques et militants de la société civile, souligne-t-elle, ont été victimes d’intimidations, d’agressions, de poursuites infondées ou contraints à l’exil pour leurs opinions.
Exodus Lukombo insiste également sur le lourd bilan humain de la répression politique sous ce régime. Elle s’interroge : combien d’opposants ont été incarcérés sans jugement ? Combien ont été blessés, mutilés ou ont perdu la vie ? Combien de massacres de civils, liés à des contextes politiques ou électoraux, sont restés sans justice ni réparation ? Autant de questions que, selon elle, les discours actuels du PPRD éludent délibérément.
Comparant cette période à la situation actuelle, Exodus Lukombo note que, malgré les imperfections et les défis persistants, l’espace politique connaît aujourd’hui une ouverture remarcable. Elle souligne que même des acteurs critiques à l’égard des institutions, y compris ceux accusés de conspirer contre la République, continuent de s’exprimer publiquement et d’exister politiquement, tout en étant soumis aux procédures légales en cas d’interpellation.
Pour elle, la liberté d’expression accordée aux confessions religieuses, aux leaders d’opinion et aux acteurs de la société civile pendant le règne de Félix Tshisekedi constitue un indicateur d’une volonté de rompre avec les pratiques de musellement du passé, sois Kabila et Mobutu.
FS


