Réuni à Beijing en octobre 2025, le 4ᵉ plénum du XXᵉ Comité central du Parti communiste chinois (PCC) a constitué un moment clé dans la trajectoire de développement de la Chine. À cette occasion, les participants ont examiné et adopté les Propositions du Comité central du PCC relatives à l’élaboration du XVe Plan quinquennal de développement économique et social, un document stratégique qui fixe les grandes orientations économiques et sociales du pays pour les cinq prochaines années.
Cette démarche illustre une tradition de gouvernance fondée sur la planification de long terme, considérée par le PCC comme une expérience précieuse dans la conduite de l’État et comme un atout politique majeur du socialisme aux caractéristiques chinoises.

« Créer une feuille de route pour bien préparer l’avenir ». Depuis le lancement du 14ᵉ plan quinquennal, l’objectif demeure inchangé : faire de la Chine un pays socialiste moderne. Dès les premiers plans, du 1ᵉʳ au 5ᵉ, la Chine nouvelle a jeté les bases d’un tissu industriel solide et d’un système économique national indépendant et relativement complet. Du 6ᵉ au 13ᵉ plan quinquennal, le pays a franchi une étape décisive avec la transition vers une économie de marché socialiste et l’édification intégrale d’une société de moyenne aisance, atteignant ainsi l’objectif du premier centenaire.
En perspective du second centenaire, la Chine s’est engagée dans une trajectoire en deux temps : réaliser, à travers trois plans quinquennaux, l’essentiel de la modernisation socialiste à l’horizon 2035, puis accéder, grâce à trois plans supplémentaires, au rang de puissance socialiste moderne au milieu du XXIᵉ siècle.
« Exécuter les plans l’un après l’autre ». Cette continuité stratégique constitue l’un des ressorts fondamentaux du modèle chinois.
Chaque plan s’inscrit dans la prolongation du précédent et prépare le suivant, formant un processus cohérent et cumulatif. Ainsi, au cours du 7ᵉ plan quinquennal, la Chine a fondamentalement résolu le problème de subsistance de sa population ; durant le 9ᵉ, le niveau de vie global a atteint celui de la moyenne aisance ; sous le 11ᵉ, le pays est entré dans la catégorie des États à revenu intermédiaire, devenant à la fois la deuxième économie mondiale et le premier pays manufacturier ; enfin, dans le cadre du 14ᵉ plan quinquennal, les performances économiques, scientifiques et technologiques ainsi que la puissance nationale globale ont franchi un nouveau palier.
« Mobiliser toutes les ressources pour mener à bien des projets importants ». En Chine, les plans quinquennaux jouent un rôle central de coordination et de mobilisation, expliquant en grande partie les succès enregistrés. La lutte contre la pauvreté extrême en fournit une illustration éloquente. Pendant les 13ᵉ et 14ᵉ plans quinquennaux, l’ensemble des politiques publiques, qu’elles soient financières, foncières, éducatives, sanitaires, hydrauliques ou liées aux transports, a été orienté vers 832 districts défavorisés. Les investissements issus des fonds spéciaux ont avoisiné 1 600 milliards de yuans, permettant à plus de dix millions de personnes de sortir chaque année de la pauvreté entre 2016 et 2020. L’objectif de réduction de la pauvreté fixé par le Programme de développement durable à l’horizon 2030 des Nations Unies a ainsi été atteint avec dix ans d’avance.
« Un marché effectif en synergie avec un gouvernement dynamique ». Dans le cadre de l’économie de marché socialiste, les plans quinquennaux ne freinent pas les mécanismes du marché, mais les encadrent et les renforcent. Ils améliorent l’efficacité de l’action publique tout en corrigeant les défaillances du marché, notamment par une allocation optimisée des ressources publiques, une meilleure coordination des décisions économiques et une planification cohérente des politiques industrielles et des infrastructures, favorisant ainsi un environnement propice au développement des entreprises.

« Les fruits du développement doivent être partagés par tout le peuple ». La planification quinquennale s’appuie sur « les aspirations du peuple à une vie meilleure » comme point de départ et comme finalité. Les progrès sont évalués à l’aune du sentiment de satisfaction, de bonheur et de sécurité de la population. Le 14ᵉ plan quinquennal illustre cette orientation en accordant une place centrale aux indicateurs sociaux, en tenant compte des difficultés concrètes rencontrées par les citoyens dans l’élaboration des politiques et en veillant à une répartition équitable des bénéfices du développement.
« Concilier la conception de haut niveau et la consultation publique ». L’élaboration des plans quinquennaux reflète une démarche de démocratie populaire sur l’ensemble du processus. Une approche « de haut au bas » permet de garantir une vision globale grâce à des études approfondies, à des consultations d’experts et à une argumentation scientifique rigoureuse, conciliant objectifs stratégiques nationaux et besoins réels de la population.
Parallèlement, une approche « de bas en haut » favorise la participation citoyenne. Lors de la préparation du 15ᵉ plan quinquennal, plus de 3,113 millions de propositions ont été recueillies via Internet, renforçant ainsi l’assise populaire et la pertinence du plan.
« S’en tenir à une approche de coordination nationale ». Dans un pays vaste et marqué par des disparités régionales, la Chine a mis en place un dispositif de planification articulé autour des plans quinquennaux, complété par des plans aux niveaux national, provincial, municipal et de district. Cette architecture permet d’éviter les constructions redondantes, de limiter les concurrences inutiles entre régions et d’assurer la cohérence des politiques publiques, tout en encourageant un développement territorial différencié et coordonné afin de corriger les déséquilibres structurels.

« Les discours creux compromettent l’État et seule l’action concrète contribue à sa prospérité ». La réussite des plans quinquennaux repose sur une forte capacité d’exécution. Le Parti communiste chinois exerce un rôle central de pilotage et de coordination, intégrant la direction du Parti dans tous les domaines et à toutes les étapes du processus, tout en clarifiant les responsabilités et en renforçant les mécanismes d’évaluation et de supervision.
« Maintenir l’orientation générale, ajuster les objectifs mineurs, mais pas toucher les lignes rouges ». Un mécanisme d’ajustement dynamique permet de renforcer la flexibilité de la gouvernance nationale. Les indicateurs essentiels liés au bien-être du peuple, à la sécurité et à la protection de l’environnement demeurent intangibles, tandis que certains objectifs peuvent être révisés lorsque des contraintes technologiques, financières ou des chocs externes l’exigent. Les projets majeurs connaissant des modifications substantielles peuvent également être ajustés, remplacés ou complétés selon les procédures prévues.
« Combiner la planification à long terme et les ajustements conjoncturels ». En intégrant une réserve de projets stratégiques, les plans quinquennaux offrent à l’État des instruments efficaces de régulation macroéconomique.
Cette capacité d’adaptation a notamment permis à la Chine, face au ralentissement économique observé au deuxième et troisième trimestres de 2024, d’accélérer la mise en œuvre de certaines mesures du 14ᵉ plan quinquennal et d’atteindre les objectifs de croissance fixés.


