La marche organisée le 19 décembre 2025 par la plateforme présidentielle, l’Union sacrée de la Nation, et annoncée comme une démonstration de force politique et populaire, s’est révélée être une mobilisation en demi-teinte, loin des attentes affichées par ses initiateurs. Cet épisode, largement commenté dans l’opinion publique, met en lumière un malaise politique profond et une fracture grandissante entre le pouvoir en place et les citoyens.
Dans cette tribune, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR) et membre du Bureau politique du Front Commun pour le Congo (FCC), livre une analyse critique de cette marche qu’il qualifie de révélatrice du désenchantement populaire face à la gouvernance actuelle. Pour lui, l’échec relatif de cette mobilisation n’est ni accidentel ni conjoncturel, mais constitue un signal politique fort, traduisant l’épuisement de la confiance du peuple envers un régime qu’il juge incapable d’apporter des réponses concrètes aux préoccupations essentielles de la population.
Ci-dessous, l’intégralité de la tribune
Tribune Politique. 19 décembre : le peuple a dit NON , l’Union sacrée démasquée
La marche du 19 décembre 2025 restera dans l’histoire politique récente comme un camouflet retentissant infligé au pouvoir en place. Ce qui devait être une démonstration de force de l’Union sacrée s’est transformé en une humiliation publique. Les rues vides ont parlé plus fort que tous les discours : le peuple congolais a rejeté ce pouvoir et ses artifices.
Malgré les moyens de l’État mobilisés, malgré les pressions, malgré le forcing et la propagande, la population n’a pas répondu. Ce silence populaire n’est pas une apathie : c’est un acte de résistance politique. Le peuple a refusé d’être instrumentalisé, une fois de plus, pour légitimer un régime incapable de tenir ses engagements.
Depuis plus de six ans, l’Union sacrée et ses animateurs ont vendu des illusions. La paix ? Elle s’éloigne chaque jour davantage. L’État de droit ? Un slogan vidé de tout contenu. La lutte contre la corruption ? Une farce, tant le détournement des deniers publics est devenu un mode de gouvernance. L’amélioration des conditions de vie ? Une promesse cynique face à une population qui s’enfonce dans la misère, pendant qu’une minorité s’enrichit sans vergogne.
La réalité est brutale : le pays va mal parce qu’il est mal gouverné. L’insécurité s’étend, la guerre s’enlise, les jeunes sont abandonnés au chômage et au désespoir, les services sociaux sont à l’agonie. Pendant ce temps, le pouvoir se complaît dans des marches de façade, croyant encore pouvoir tromper un peuple désormais lucide.
L’échec du 19 décembre a également mis à nu l’implosion interne de l’Union sacrée. L’absence de plusieurs membres influents du présidium n’est pas anodine : elle révèle un régime fissuré de l’intérieur, miné par les querelles, les intérêts égoïstes et l’absence totale de vision nationale. L’Union sacrée n’est plus une coalition politique ; c’est une alliance de circonstance à bout de souffle, un château de cartes qui ne tient que par l’accès aux privilèges du pouvoir.
Face à ce rejet populaire, le régime glisse vers des dérives dangereuses. L’instrumentalisation de la jeunesse, la stigmatisation de certaines catégories sociales — notamment les conducteurs de motos (Wewa) — et leur utilisation informelle à des fins sécuritaires traduisent une fuite en avant inquiétante. Quand un pouvoir perd le soutien du peuple, il cherche des boucs émissaires. Cette logique est une menace directe pour la cohésion nationale et l’avenir du pays.
Le message du 19 décembre est sans ambiguïté : le peuple n’en peut plus. Il n’attend plus des discours, encore moins des mises en scène politiques. Il exige des actes, des résultats et des comptes. Continuer à ignorer cette colère silencieuse, c’est jouer avec le feu et préparer des lendemains incertains.
Dans ce contexte, refuser un dialogue intercongolais inclusif serait une faute politique historique. Ce dialogue n’est pas une faveur à l’opposition, encore moins un luxe : c’est une nécessité vitale pour éviter l’effondrement de la confiance nationale. Il doit réunir toutes les forces vives du pays — majorité, opposition, société civile, confessions religieuses, jeunes et femmes — afin de poser les vrais problèmes et d’y apporter des solutions courageuses.
Le Congo n’a pas besoin de marches téléguidées.
Le Congo n’a pas besoin de slogans usés.
Le Congo a besoin d’un changement réel, profond et immédiat.
Le 19 décembre, le peuple a parlé.
Ignorer sa voix serait une erreur aux conséquences incalculables.
Fait à Kinshasa, le 21 décembre 2025
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National et Membre du Bureau Politique du PVR , Membre du Bureau Politique du FCC


