10ᵉ Congrès de la SCOGO : le Gouvernement réaffirme son engagement pour la gratuité de la maternité et le renforcement de la prise en charge du couple mère-enfant

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Le Gouvernement congolais réaffirmé son engagement ferme en faveur de la Couverture Santé Universelle, avec un accent particulier sur la gratuité de la maternité et la prise en charge intégrée du couple mère-enfant. Cet engagement a été réitéré à l’occasion du 10ᵉ Congrès de la Société Congolaise de Gynécologie et d’Obstétrique, en sigle SCOGO, dont le lancement officiel est intervenu hier mardi 16 décembre à l’hôtel Pullman, en présence du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, des autorités sanitaires, des partenaires techniques et financiers ainsi que de nombreux professionnels de santé venus de plusieurs provinces du pays.

Placées sous le thème : « Rôle du gynécologue-obstétricien face aux défis sanitaires du couple mère-enfant à l’ère de la couverture santé universelle », ces assises ont servi de cadre de réflexion scientifique et stratégique sur les réponses à apporter aux persistantes mortalités maternelle et néonatale en RDC, dans un contexte marqué par les exigences de qualité, d’équité et d’accès universel aux soins.

S’exprimant devant les participants, le ministre de la Santé a salué la qualité de l’organisation de ce congrès scientifique majeur et la pertinence de son programme, axé notamment sur la santé maternelle et néonatale, la formation du personnel soignant, la qualité des soins et l’équité d’accès aux services de santé. Il a rappelé que la gratuité de la maternité constitue un choix politique fort et une réforme de société, destinée à faire en sorte que donner la vie en RDC ne soit plus synonyme de risques évitables ni de charges financières insoutenables pour les familles.

Dans son allocution, Dr Samuel Roger Kamba a insisté sur la dimension stratégique de la protection de la mère et de l’enfant pour l’avenir du pays.

« Protéger une maman qui accouche, protéger un bébé, soigner une femme avant même qu’elle ne devienne mère, c’est être au début de la vie. Et lorsque le début de la vie est compromis, c’est toute la société qui est mise en danger », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que la prise en charge du couple mère-enfant constitue la première étape de la Couverture Santé Universelle voulue par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour qui la CSU représente un véritable contrat social entre l’État et la population. Dans ce cadre, la maternité apparaît comme l’une des expressions les plus urgentes et les plus symboliques de cette vision présidentielle.

Plus loin, dénonçant la persistance des décès maternels évitables, le ministre a souligné qu’
« Il est inacceptable que, dans une société moderne, des femmes continuent de mourir en couches alors que d’autres pays ont ramené cette mortalité à zéro ».

Il a précisé en même temps que la gratuité de la maternité repose sur trois piliers fondamentaux, à savoir la qualité des soins, avec la disponibilité effective des médicaments, du sang, de l’oxygène et des équipements essentiels ; la protection et le soutien du personnel de santé, à travers des effectifs suffisants, la formation continue et des conditions de travail dignes ; ainsi qu’un financement transparent et traçable, garantissant que chaque franc investi se traduise en soins effectifs et en vies sauvées.

Prenant la parole, à son tour, le Dr Victor Muela Difunda, président du Comité exécutif national de la SCOGO, a indiqué que ces assises s’inscrivent dans la mission traditionnelle de la société savante, axée sur le renforcement des compétences et l’anticipation des défis sanitaires.
« Ce congrès s’inscrit dans la tradition de former ses membres, réfléchir sur les priorités de l’heure et préparer l’avenir de la profession », a-t-il expliqué.

Selon lui, la première journée des travaux a été consacrée à la couverture santé universelle, avec un focus particulier sur la gratuité de la maternité et la formation des spécialistes.
« Le pays a besoin de plus de gynécologues-obstétriciens, mieux formés, mieux répartis et capables de répondre aux urgences obstétricales », a-t-il ajouté, avant de souligner l’urgence de renforcer les ressources humaines qualifiées dans le secteur de la santé reproductive.

Les travaux scientifiques ont été marqués par la présentation de plusieurs études menées en RDC, notamment à Butembo et à Kisangani, portant sur la fertilité féminine, le syndrome des ovaires micropolykystiques (SOMPK), la drépanocytose et l’évaluation de la réserve ovarienne. Ces recherches ont mis en évidence l’importance d’une prise en charge précoce et adaptée de la santé reproductive des femmes congolaises, en amont même de la maternité.

Les organisateurs ont, par ailleurs, salué l’accompagnement des partenaires techniques et financiers, en particulier MSI Reproductive Choices, dont l’appui a été jugé déterminant dans le renforcement des capacités des prestataires de soins, l’amélioration de l’accès à des services de qualité et la mise en œuvre de solutions durables en faveur des femmes et des jeunes filles.

Avant de finir, le président de SCOGO a évoqué l’absence de certains participants de l’Est du pays, empêchés de faire le déplacement en raison de l’insécurité. Il a exprimé toute sa solidarité envers ces compatriotes.

« Nous déplorons cette situation, mais nous restons confiants que la paix reviendra et que nos collègues pourront à nouveau servir pleinement leurs communautés ».

Les travaux du 10ᵉ Congrès de la SCOGO se poursuivent jusqu’au jeudi 18 décembre, avec des panels, conférences et ateliers pratiques consacrés notamment à la prise en charge des hémorragies du post-partum, à l’hystéroscopie, à l’échographie de dépistage et à la prévention des lésions précancéreuses, dans l’objectif ultime de renforcer la survie et le bien-être du couple mère-enfant en RDC.

Fidel Songo

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