Moussa Kalema Sangolo-Zaku brise le silence : mémoire politique pour l’histoire, chronique d’une gouvernance qui a mené la RDC au bord de l’implosion (TRIBUNE)

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Dans cette tribune politique destinée à l’Histoire, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR) et membre du Bureau politique du FCC, livre une analyse sévère et documentée de la gouvernance de la République démocratique du Congo entre 2019 et 2025. Il y dénonce la rupture du pacte républicain FCC–CACH, l’effondrement de l’équilibre institutionnel, l’instrumentalisation de la justice, la fraude électorale, la corruption systémique, la désorganisation de l’appareil sécuritaire, la montée du tribalisme, la gestion chaotique de la guerre à l’Est et les violations graves des droits humains qui, selon lui, ont fragilisé l’État et compromis la souveraineté nationale.

Voici l’intégralité de la tribune

MÉMOIRE POLITIQUE POUR L’HISTOIRE Sur la gouvernance au sommet de l’ Etat en RDC et la mise en péril de l’État congolais .

PRÉFACE

L’Histoire n’est jamais neutre.
Elle juge, tôt ou tard, les actes des hommes et des régimes Politiques . Mais pour juger avec justesse, elle a besoin de témoignages crédibles , de paroles assumées et de vérités consignées.

Le présent Mémoire politique pour l’Histoire n’est ni un pamphlet, ni un règlement de comptes.
Il est un acte de responsabilité nationale.

En tant qu’acteur politique, témoin direct de la gouvernance de la République démocratique du Congo durant la période considérée, et héritier d’un combat pour la souveraineté, la dignité et la stabilité de notre pays, je ne pouvais me résoudre au silence face à ce qui a conduit notre Nation au bord de l’implosion.

Ce mémoire poursuit un objectif clair :
laisser une trace écrite, structurée et argumentée des fautes politiques majeures qui ont fragilisé l’État, fracturé la cohésion nationale et compromis l’avenir du Congo.

Il ne s’agit pas de substituer l’Histoire à la justice, ni la justice à l’Histoire.
Il s’agit d’éclairer les consciences, de nourrir la réflexion collective et d’empêcher que les mêmes erreurs ne se reproduisent sous d’autres visages.

La République démocratique du Congo ne manque ni de richesses, ni d’intelligence, ni de courage.
Elle a manqué, trop souvent, de lucidité stratégique, de respect de la Constitution et de sens de l’État.

Écrire ce mémoire, c’est refuser l’amnésie politique.
C’est affirmer que la souveraineté ne se négocie pas dans l’opacité,
que la paix ne se construit pas sur l’humiliation,
et que la démocratie ne survit pas à la peur, au tribalisme et à la corruption.

Je prends l’entière responsabilité politique et morale de ce texte.
Je l’assume devant le peuple congolais, devant l’Histoire et devant les générations futures.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

L’Histoire des nations ne se construit pas uniquement à travers les victoires proclamées, mais aussi par la lucidité face aux échecs, aux fautes et aux dérives.
Ce mémoire est rédigé dans un devoir de vérité, afin que les générations présentes et futures comprennent comment la République démocratique du Congo a été conduite, entre 2019 et 2025, au bord de l’implosion politique, institutionnelle et sécuritaire.

Ce document établit une responsabilité politique, sans prétendre se substituer aux juridictions compétentes.

CHAPITRE I LA RUPTURE DU PACTE RÉPUBLICAIN

L’accession de Félix Antoine Tshisekedi à la magistrature suprême s’est opérée dans un contexte inédit : celui de la première alternance pacifique et civilisée du pouvoir, rendue possible par l’accord politique FCC–CACH.

Au lieu de consolider cet acquis historique, le nouveau pouvoir a :
• rompu brutalement l’accord de gouvernance ;
• renversé artificiellement la majorité parlementaire issue des urnes ;
• monnayé la recomposition institutionnelle au prix de lourdes charges financières pour l’État.

Ce choix a marqué le début d’une déstabilisation volontaire des institutions.

CHAPITRE II – LA DESTRUCTION DE L’ÉQUILIBRE INSTITUTIONNEL

Le régime Tshisekedi a profondément altéré l’architecture constitutionnelle par :
• des nominations illégales à la Cour constitutionnelle ;
• la caporalisation du Parlement ;
• l’adoption de lois électorales taillées sur mesure ;
• la marginalisation des contre-pouvoirs.

L’État de droit proclamé s’est transformé en État de convenance.

CHAPITRE III – JUSTICE INSTRUMENTALISÉE ET DÉRIVE AUTORITAIRE

La justice a été transformée en un instrument de persécution politique :
• arrestations arbitraires ;
• règlements de comptes ;
• traque des témoins de l’accord FCC–CACH ;
• persécution ciblée contre l’ancien Président Joseph Kabila, sa famille politique et ses proches , avec à la main sa condamnation à mort ; .

Un climat de peur s’est progressivement installé.

CHAPITRE IV – FRAUDE ÉLECTORALE ET CRISE DE LÉGITIMITÉ

La crédibilité du processus électoral a été compromise par :
• l’imposition d’une CENI politisée et tribalisée ;
• l’organisation d’élections largement contestées en 2024 ;
• l’absence de consensus national.

Il en est résulté une crise profonde de légitimité institutionnelle.

CHAPITRE V – GOUVERNANCE CHAOTIQUE ET CORRUPTION SYSTÉMIQUE

La gestion de l’État s’est caractérisée par :
• un gouvernement parallèle à la Présidence ;
• le scandale du programme des 100 jours ;
• l’institutionnalisation de la corruption ;
• la signature de contrats miniers léonins ;
• des dépenses somptuaires et voyages présidentiels excessifs ;
• des opérations d’arnaque financière contre la population.

L’État a été réduit à un outil de prédation.

CHAPITRE VI – DÉSINTÉGRATION DE L’APPAREIL SÉCURITAIRE

Les FARDC ont été :
• humiliées institutionnellement ;
• désorganisées par des arrestations arbitraires de généraux ;
• affaiblies par des promotions illégales et tribales ;
• démoralisées par le recours aux mercenaires, milices et forces étrangères.

La chaîne de commandement a été gravement compromise.

CHAPITRE VII – TRIBALISME ET FRACTURES NATIONALES

Le régime a institutionnalisé :
• le tribalisme ;
• le népotisme ;
• la marginalisation des Swahiliphones.

Plusieurs figures politiques majeures ont été contraintes à l’exil, portant atteinte à la cohésion nationale.

CHAPITRE VIII – RESPONSABILITÉ DANS LA GUERRE À L’EST

L’échec sécuritaire se manifeste par :
• la sous-estimation du M23 ;
• une mauvaise lecture géopolitique régionale ;
• la gestion désastreuse de la chute de Bunagana ;
• des accords secrets et des amnisties opaques ;
• la prolifération tolérée des milices armées.

CHAPITRE IX – VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS

Le régime est marqué par :
• assassinats ciblés ;
• massacres ;
• enlèvements et détentions arbitraires ;
• tortures et répression violente ;
• utilisation de milices proches du pouvoir.

CONCLUSION GÉNÉRALE LE VERDICT DE L’HISTOIRE

Ce mémoire établit que la gouvernance de Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a :
• affaibli l’État ;
• fracturé la Nation ;
• détruit la confiance populaire ;
• compromis la souveraineté nationale.

L’Histoire retiendra que l’espoir né de l’alternance pacifique a été dilapidé par l’improvisation, l’autoritarisme, la naïveté stratégique et la prédation.

POSTFACE

Les nations qui refusent d’écrire leur vérité
condamnent leurs enfants à revivre leurs erreurs.

Ce mémoire est une contribution à la mémoire collective,
un acte de responsabilité politique,
et un appel à la refondation de l’État congolais.

Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National du Parti des Vertus Républicaines (PVR)
Membre du Bureau Politique du PVR
Membre du Bureau Politique du FCC

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