De la Clinique Kinoise au cimetière de la Gombe, en passant par la Morgue centrale de Kinshasa, les experts et membres de la Commission Environnement, Aménagement du Territoire et Développement Durable de l’Assemblée provinciale de Kinshasa ont effectué, ce vendredi 12 décembre, une importante mission d’information au sein de plusieurs sites sanitaires et funéraires de la capitale. Une démarche visant à dresser un état des lieux complet de la situation hygiénique et environnementale dans ces espaces hautement sensibles.
Une clinique vétuste et en manque criant d’équipements
Première étape de cette mission, la Clinique Kinoise. Construit en 1957, le bâtiment présente aujourd’hui un niveau de vétusté préoccupant. La tuyauterie est totalement défectueuse, les installations médicales obsolètes, et l’établissement souffre d’un manque criant d’équipements modernes tels que la radiographie, l’échographie ou le scanner.
À cela s’ajoute une faible fréquentation des patients, l’absence de gratuité de la maternité et un personnel vieillissant qui ne bénéficie ni de subsides, ni de conditions de travail adéquates. Un tableau sombre qui traduit l’urgence d’une réhabilitation profonde.
Au cimetière de la Gombe, des inhumations clandestines malgré la fermeture
Deuxième étape : le cimetière de la Gombe. Fermé officiellement depuis 2007, il continue toutefois d’accueillir des inhumations dans des concessions privées. Le préposé ad intérim rencontré sur place a révélé que ces pratiques se poursuivent sans que l’État ne perçoive la moindre redevance, alimentant une gestion parallèle qui échappe totalement au contrôle public.
Un constat qui interpelle les députés et renforce la nécessité de rétablir l’autorité de l’État dans la gestion des espaces funéraires.
La Morgue centrale de Kinshasa : entre odeurs nauséabondes et infrastructures délabrées
Dernière étape de la descente : la Morgue centrale de Kinshasa, au sein du Centre Hospitalier de la Renaissance (ex-Mama Yemo). Les députés ont été accueillis dans des conditions difficiles, marquées par de fortes odeurs nauséabondes témoignant de la dégradation avancée des installations.
Le directeur de l’établissement, M. Théodore Mukendi, a sollicité l’appui des autorités provinciales pour :
– la réhabilitation urgente de la morgue ;
– l’amélioration de la prise en charge du personnel ;
– l’adoption d’un édit fixant la redevance pour la gestion des corps des indigents, afin de soulager la morgue centrale.
Une mission révélatrice des défis environnementaux dans la capitale
Au terme de cette mission d’information, la Commission Environnement, sous la conduite du député provincial Steve Mulumba Kongolo, a réaffirmé sa volonté de travailler aux côtés des institutions compétentes pour améliorer les conditions de vie de la population.
Cette descente sur terrain aura mis en lumière l’ampleur des défis environnementaux et sanitaires auxquels fait face la ville de Kinshasa, et l’urgence d’une intervention coordonnée des autorités provinciales.


