La situation sécuritaire , politique, sociale et économique de la RDC le préoccupe au plus haut point. Lui, c’est Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du PVR et membre du Bureau politique du FCC. Dans sa dernière tribune libre, il a réagi vivement notamment au discours du Chef de l’État et à l’Accord de Washington. Il accuse le régime Tshisekedi d’être auteur de plusieurs dérives, dont la dépossession abusive des richesses nationales et l’aveuglement politique. Face à ce que le traverse, Moussa Kalema appelle Félix Tshisekedi à convoquer immédiatement le Dialogue inclusif sollicité par la CENCO et l’ECC, pour sauver la nation. Voici, ci-dessous, l’intégralité de la tribune.
« RDC : la Nation livrée, le peuple trahi, l’heure du sursaut »
Il arrive un moment où un peuple doit regarder la vérité en face, sans détour, sans peur, sans hypocrisie.
Ce moment est arrivé.
Et la vérité est brutale : le Congo est en train d’être livré, morceau après morceau, décision après décision, accord après accord.
L’Accord de Washington du 17 juin n’est pas un document diplomatique.
C’est un acte politique qui ressemble à une reddition déguisée, un accord qui porte la marque de ceux qui n’ont plus la maîtrise de leur propre destin.
- Washington : le texte qui efface le peuple congolais de ses propres richesses
Comment un gouvernement peut-il signer un accord où les ressources congolaises, nos minerais, notre sous-sol, notre avenir sont présentés comme des « biens régionaux » ?
Comment peut-on écrire noir sur blanc que la prospérité minière de la RDC doit profiter d’abord à la région, pendant que les Congolais meurent, fuient, s’appauvrissent ?
Ce n’est pas seulement une erreur.
Ce n’est pas seulement une faute.
C’est une abdication.
Un accord rédigé sans mention explicite du peuple congolais…
Un accord qui ne reconnaît pas notre souverenneté…
Un accord qui donne ce que nous n’avons plus les moyens de défendre…
Jamais dans notre histoire indépendante un texte n’a autant nié la Nation.
- Une gouvernance qui glisse dangereusement vers l’irresponsabilité
Lorsque des dirigeants signent des engagements internationaux qui touchent au cœur de notre souveraineté sans débat, sans transparence et sans consensus, comment appeler cela ?
Quand la gestion de la sécurité nationale semble externalisée, quand nos ressources deviennent monnaie d’échange dans des négociations étrangères, quand les décisions engageant l’avenir de 100 millions de citoyens sont prises sans eux…
Alors il faut dire les choses :
ce n’est plus une gouvernance fragile, c’est une gouvernance qui vacille.
- Un pouvoir qui célèbre pendant que la Nation s’écroule
Lorsque les territoires tombent, lorsque les populations fuient, lorsque la guerre ravage l’Est, lorsqu’une partie du pays vit dans la terreur permanente, quel dirigeant digne de ce nom organise des célébrations autour de ces accords ?
Ce décalage n’est pas seulement indécent.
Il est révélateur d’un pouvoir déconnecté, enfermé dans l’autojustification, obsédé par sa survie politique, incapable de mesurer l’effondrement en cours.
Le pays brûle.
Et l’on nous sert des discours triomphants.
C’est une provocation.
C’est une fuite en avant.
C’est une rupture totale avec la réalité nationale.
- Une armée sacrifiée et une diplomatie de résignation
Nos soldats se battent à côté des paramilitaires wazalendo et des mercenaires mieux payés, dans des conditions qui seraient jugées inacceptables dans n’importe quel autre pays.
Ils affrontent des forces de l’AFC/M23 structurées, modernes et disciplinées, sans logistique suffisante, sans stratégie cohérente, parfois sans moral.
Pendant ce temps, on signe des textes qui légitiment précisément ce que nos soldats sont censés empêcher : la captation de notre souveraineté et de nos richesses.
Quelle hypocrisie.
Quelle contradiction.
Quelle humiliation pour ceux qui versent leur sang pour la Nation.
- Doha, Washington : les écrans de fumée d’un pouvoir en perte de contrôle
Doha ? Un arrangement technique.
Washington ? Un accord de survie politique.
Ni l’un ni l’autre n’aborde :
- la légitimité défaillante des institutions,
- l’effondrement de la gouvernance,
- l’érosion du lien national,
- la crise morale de l’État,
- la faillite de la chaîne de commandement.
Ce sont des pansements posés sur un corps qui s’écroule.
Et ceux qui les présentent comme des “solutions” savent pertinemment qu’ils n’en sont pas.
- Le refus du Dialogue : la dérive la plus dangereuse du régime
Lorsqu’un pouvoir en crise refuse obstinément de parler à son propre peuple, c’est le signe le plus clair qu’il a perdu confiance en lui-même, en la Nation, en sa légitimité.
Refuser le Dialogue National aujourd’hui, c’est :
- refuser de regarder la vérité,
- refuser de corriger les erreurs,
- refuser de rassembler,
- refuser de sauver le pays.
Aucun État ne survit à une telle obstination.
- Le message final au Chef de l’État : l’histoire est en train d’écrire votre chapitre
Monsieur le Président, la situation est simple :
Soit vous avez le courage d’un chef d’État qui affronte la crise en libérant les prisonniers politiques, en décrispant la vie nationale, en rétablissant la justice, en convoquant un Dialogue National, en rassemblant la Nation.
Soit vous poursuivez dans l’impasse actuelle et vous porterez devant l’Histoire la responsabilité d’un naufrage national.
L’Histoire est implacable avec ceux qui s’obstinent.
Elle ne pardonne jamais aux dirigeants qui mettent un pays à genoux en refusant de l’écouter.
La RDC n’est pas à vendre.
La RDC n’est pas un territoire sous tutelle.
La RDC n’est pas un réservoir régional.
La RDC est une Nation.
Et cette Nation finira par exiger des comptes.
Fait à Kinshasa le 09 décembre 2025
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National et Membre du Bureau Politique du PVR
Membre du Bureau Politique du FCC


