L’examen, à l’Assemblée nationale, du projet de loi instituant la formation militaire obligatoire pour tout Congolais suscite des réactions contrastées. Au sein du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions, Exodus Lukombo se montre favorable à cette option, tout en plaidant pour des préalables essentiels, notamment la restructuration des FARDC, l’amélioration des conditions de vie des troupes et un effort soutenu de professionnalisation au sein des forces de défense.
Dans sa réflexion, elle insiste sur une réforme substantielle, jugée indispensable pour redorer l’image de la carrière militaire. À ses yeux, rendre la formation obligatoire ne suffit pas ; il faudra d’abord refonder l’institution afin d’en faire un véritable cadre d’excellence et d’engagement patriotique.
Revenant sur les motivations des jeunes à intégrer l’armée, Exodus Lukombo rappelle la période du Président Mzee Laurent-Désiré Kabila, lorsque la revalorisation de la solde portée à 100 dollars avait suscité un engouement remarquable, poussant certains étudiants à abandonner leurs études pour rejoindre les rangs. Elle estime que les jeunes se tourneront naturellement vers l’armée dès lors qu’ils observeront une amélioration tangible des conditions sociales et professionnelles des militaires. « Le patriotisme ne se décrète pas ; il se construit lorsque l’État montre l’exemple », souligne-t-elle.
Exodus Lukombo insiste également sur une réorganisation interne permettant de pallier les faiblesses persistantes. Elle préconise des programmes de formation rigoureux, modernes et cohérents, capables d’armer les recrues d’aptitudes solides pour assurer la défense de la souveraineté nationale. Pour elle, la discipline, la méthode et le sérieux doivent redevenir les piliers de la formation militaire, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires multiformes et la présence de neuf pays voisins, dont certains affichent des ambitions géostratégiques préoccupantes.
Évoquant le modèle russe, où la formation et la conscience patriotique sont considérées comme fondamentales dans un environnement international tendu, elle estime que la RDC pourrait en tirer des enseignements, à condition d’adapter l’approche à sa propre réalité et d’éviter toute forme d’improvisation.
Si elle salue l’idée de doter chaque citoyen des notions militaires de base, Exodus Lukombo insiste sur le fait que cette réforme ne produira pleinement ses effets que si elle s’accompagne d’une modernisation réelle des FARDC. Une armée mieux équipée, respectée et porteuse d’avenir, affirme-t-elle, attirera spontanément la jeunesse. « Les jeunes intégreront l’armée d’eux-mêmes si celle-ci redevient un espace de dignité. Il nous revient de créer les conditions d’un patriotisme éclairé », conclut-elle.


