Paix dans l’Est du pays : voici la contre-proposition d’accord RDC–Rwanda, une recette présentée par Moussa Kalema pour rééquilibrer la diplomatie régionale !

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Dans une démarche qu’il présente comme une défense ferme des intérêts nationaux, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président du Parti des Vertus Républicaines (PVR) et cadre du FCC, a rendu publique une contre-proposition d’accord RDC–Rwanda. S’il insiste sur la souveraineté sécuritaire et territoriale, son document soulève néanmoins plusieurs interrogations quant à sa faisabilité diplomatique et à l’impact réel d’un tel durcissement sur le processus régional en cours.

De bout en bout, la proposition de ce proche de Joseph Kabila s’inscrit dans une volonté manifeste de replacer la RDC dans une posture plus ferme face au Rwanda, en réintroduisant des exigences radicales sur le retrait des forces étrangères, la supervision internationale et la protection des ressources stratégiques. Toutefois, certains analystes pourraient voir dans cette approche une vision davantage normative que pragmatique : un texte ambitieux, mais dont l’adoption supposerait un rapport de force que Kinshasa ne détient pas toujours dans les négociations régionales. Malgré ces réserves, la démarche a le mérite de poser un cadre doctrinal clair, qui pourrait servir de référence dans les discussions futures.

Voici, ci-dessous, l’intégralité de la contre-proposition d’accord présentée par Moussa Kalema

PROPOSITION DE RÉVISION DE L’ACCORD RDC–RWANDA (VERSION RENFORCÉE POUR LA RDC)

PRÉAMBULE

Reconnaître explicitement :

  • le principe d’intégrité territoriale,
  • la nécessité d’éliminer tout groupe armé étranger,
  • l’importance d’une paix durable fondée sur la justice et la fin de l’impunité.

ARTICLE 1 — Reconnaissance des menaces armées

  1. Les Parties reconnaissent explicitement :
  • le Mouvement AFC/M23 comme rébellion au régime de Kinshasa soutenue par le Rwanda ;
  • les FDLR comme groupe armé étranger en situation illégale.
  1. Le Rwanda s’engage à cesser immédiatement tout soutien direct ou indirect à l’AFC/M23 ou à tout autre groupe armé.

ARTICLE 2 — Désengagement militaire

  1. Le Rwanda retire toutes ses forces présentes en RDC dans un délai de 30 jours.
  2. Le retrait est vérifié par une mission SADC–UA–ONU.
  3. En cas de violation, des sanctions automatiques s’appliquent (gel d’aide militaire, sanctions individuelles, suspension du mécanisme).

ARTICLE 3 — Démobilisation des groupes armés

  1. La RDC s’engage à poursuivre la neutralisation des FDLR sous supervision SADC.
  2. Le Rwanda s’engage à retirer tout soutien à l’AFC/M23 en conformité avec ses obligations internationales.

ARTICLE 4 — Mécanisme de sécurité

  1. Le JSCM est remplacé par un Mécanisme de Sécurité Régional SADC-UA, sans accès direct rwandais aux renseignements FARDC.
  2. Les réunions se tiennent exclusivement en territoire neutre (Angola ou Tanzanie).

ARTICLE 5 — Économie et ressources naturelles

  1. Les minerais stratégiques de la RDC (cobalt, coltan, or, cassitérite) sont exclus de toute coopération régionale.
  2. Toute initiative économique conjointe requiert l’accord explicite du Parlement congolais.
  3. Les frontières économiques doivent être respectées sans ingérence d’un État dans les ressources de l’autre.

ARTICLE 6 — Processus politique

  1. Le processus de Doha est subordonné à un cessez-le-feu total entre les FARDC/WAZALENDO et le Mouvement AFC/M23.
  2. Aucun membre actif d’un groupe armé ne peut être intégré dans les FARDC sans enquête approfondie.

ARTICLE 7 — Mise en œuvre

  1. Les USA, l’UA et la SADC sont co-garants égaux.
  2. Sanctions automatiques inscrites dans l’accord.
  3. Rapports trimestriels publics.

Conclusion de la contre-proposition

Ce texte protège :

  • la souveraineté territoriale,
  • la souveraineté sécuritaire,
  • la souveraineté économique,
  • l’équilibre diplomatique,
    tout en maintenant des possibilités de coopération pacifique.

Fait à Kinshasa, le 1 décembre 2025.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président National et membre du Bureau Politique du Parti des Vertus Républicaines (PVR),
membre du Bureau Politique du FCC.

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