Pour sa seconde prise de parole devant les délégués réunis au Forum parlementaire de la SADC à Durban, le Président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, l’Honorable Aimé Boji Sangara, a replacé au centre des débats la problématique cruciale des chaînes d’approvisionnement en minerais, désormais indissociable de la sécurité régionale.
Rappelant, lors de sa première intervention, les véritables causes de la guerre qui sévit dans l’Est de la RDC, où de larges pans des deux Kivu demeurent sous occupation rwandaise, il est revenu sur l’exploitation illicite des minerais stratégiques par les groupes armés, en particulier l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda. Une exploitation qui, selon lui, alimente la persistance des violences et fragilise durablement la stabilité régionale.
Insistant sur la dimension structurante de cet enjeu, l’Honorable Boji a affirmé :
« La question des chaînes d’approvisionnement et de la traçabilité des matières premières ne peut plus être dissociée de la guerre persistante dans l’Est de la RDC. Les minerais stratégiques, qui devraient être une source de prospérité collective, continuent d’alimenter des groupes armés et des économies parallèles, au détriment de la sécurité régionale. »
Il a souligné que, loin de contribuer au financement des secteurs sociaux essentiels, ces ressources alimentent des réseaux criminels transnationaux, perpétuant un cycle de violence aux conséquences régionales lourdes.
Face aux parlementaires de la SADC, le Président de la Chambre basse a appelé à un engagement collectif articulé autour de trois priorités :
- Adopter des législations régionales garantissant transparence, traçabilité et intégrité dans les chaînes d’approvisionnement en minerais ;
- Promouvoir une intégration économique régionale inclusive, afin que les minerais stratégiques profitent effectivement aux populations ;
- Renforcer la solidarité régionale envers la RDC, dont l’agression a des répercussions sécuritaires et humanitaires dans l’ensemble de la région.
Avec insistance, le président de l’Assemblée nationale a plaidé pour un dispositif rigoureux combinant lois nationales, contrôles régionaux et mécanismes de gouvernance renforcés capable de barrer la route aux trafics illicites, d’encadrer les opérateurs industriels et de traduire l’ambition d’une SADC pleinement souveraine sur ses ressources naturelles.
Fidel Songo


