Suite à la dissolution d’une vingtaine de partis politiques par le ministère de l’intérieur, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR) et membre du Bureau politique du FCC, alerte sur les dangers qui pèsent aujourd’hui sur la démocratie congolaise. Il dénonce la concentration excessive du pouvoir, l’instrumentalisation des institutions et l’étouffement progressif du pluralisme politique, marqué notamment par la dissolution accélérée de partis. Pour lui, la RDC s’engage sur une pente dangereuse qui pourrait compromettre durablement l’État de droit.
Ci-dessous, l’intégralité de la tribune
RDC: LE PLURALISME MENACÉ, UN DANGER POUR LA DÉMOCRATIE
Il est des moments dans l’histoire d’un pays où la vigilance cesse d’être un choix pour devenir un impératif. La République Démocratique du Congo traverse aujourd’hui l’un de ces moments. La concentration du pouvoir, l’instrumentalisation de la justice, la caporalisation du Parlement, la suspension et la dissolution accélérée des partis politiques créent un précédent dangereux : celui de l’étouffement du pluralisme et de la fragilisation de l’État de droit.
Dissoudre un parti politique n’est jamais un acte neutre.
C’est un signal fort : celui que la divergence d’opinion peut devenir un crime, que la critique peut devenir une menace. Et partout dans le monde, ce signal a été le début de dérives autoritaires : en Russie, la fermeture de partis et d’ONG a verrouillé l’espace civique ; au Kenya et en Côte d’Ivoire, la dissolution de formations politiques a marqué des tournants vers l’instabilité et la crise ; en Turquie, l’exclusion de l’opposition a affaibli durablement les institutions.
Dans un État où la justice semble instrumentalisée, où le Parlement est caporalisé, où les forces de défense et de sécurité deviennent impuissantes ou partisanes, où les dirigeants se sentent au-dessus de la loi, la démocratie vacille. Le silence face à ces dérives n’est plus une option : il devient complicité.
Le pluralisme n’est pas un luxe. C’est l’oxygène de la République.
La critique n’est pas une attaque personnelle. C’est la garantie que le pouvoir reste responsable devant le peuple.
L’opposition n’est pas l’ennemie de l’État. C’est le garde-fou contre l’arbitraire.
La République Démocratique du Congo doit choisir :
- la peur ou l’État de droit,
- la concentration ou le pluralisme,
- l’uniformité imposée ou la liberté garantie.
Chaque citoyen, chaque institution, chaque acteur politique a le devoir de dire : non à l’étouffement des voix discordantes, non à la dissolution de la démocratie sous prétexte de l’ordre, non à l’instrumentalisation du pouvoir pour un intérêt particulier.
Car lorsqu’un pays commence à dissoudre ses partis, ce ne sont pas seulement des organisations qui disparaissent :
c’est une parcelle de sa démocratie qui s’éteint.
Et une démocratie affaiblie, une fois perdue, est presque impossible à reconstruire. Et une démocratie affaiblie, une fois perdue, est presque impossible à la reconstruire. La RDC est malheureusement sur cette mauvaise pente.
Fait à Kinshasa le 25 Novembre 2025.
Moussa Kalem Sangolo-Zaku, Président National du Parti des Vertus Républicaines (PvR), Membre du Bureau Politique du FCC.


