La capitale congolaise a servi, ce vendredi 21 novembre 2025, de cadre pour le lancement de la 47ᵉ Conférence des Présidents des Assemblées parlementaires nationales membres de l’Union parlementaire africaine (UPA). Les travaux, organisés au Centre culturel des pays d’Afrique centrale, ont réuni des délégations venues de l’ensemble du continent pour des échanges de haut niveau sur les grands défis africains.
Au cœur des discussions, les crises sécuritaires, les enjeux de gouvernance, les questions de souveraineté, ainsi que les perspectives énergétiques indispensables au développement durable des États africains.
Avant de procéder au lancement officiel de la conférence, le président du Sénat congolais, qui était aux côtés de son collègue président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, Jean-Michel Sama Lukonde, a salué la présence des délégations avant de relayer le message de paix du chef de l’État, Félix Tshisekedi. Dans une analyse claire et sans complaisance, il a évoqué les bouleversements géopolitiques et économiques qui redessinent les rapports internationaux : reconfiguration des alliances, instabilités économiques, pressions sécuritaires, tensions sociales et défis climatiques.
Le président du sénat congolais a insisté sur le rôle incontournable des parlements africains dans la consolidation de la paix et de la gouvernance. « Notre responsabilité est d’insuffler une dynamique nouvelle pour garantir la paix, la justice sociale et le développement durable », a-t-il déclaré, tout en appelant à une action parlementaire plus vigoureuse et mieux coordonnée.
Évoquant la situation dramatique à l’Est de la RDC, Jean-Michel Sama Lukonde a rappelé l’occupation d’une partie du territoire national par l’armée rwandaise et les rebelles du M23, ainsi que le “génocide silencieux” qui frappe les populations depuis près de trente ans. Il a demandé un sursaut de solidarité parlementaire africaine, notamment en appui aux processus diplomatiques de Washington et de Doha.
Prenant la parole à son tour, le secrétaire général de l’Union parlementaire africaine, Martin Chabon, a recentré le débat sur l’urgence énergétique. Il a expliqué que l’Afrique doit accélérer son engagement en faveur des énergies renouvelables pour réduire sa vulnérabilité face aux crises et renforcer la maîtrise de ses ressources. Il a établi un lien direct entre souveraineté énergétique, prévention des conflits, sécurité collective et stabilité économique.
Selon lui, l’Afrique ne pourra consolider son autonomie politique sans investir massivement dans la production énergétique locale. Il a ainsi appelé à une vision panafricaine ambitieuse, capable de faire de l’énergie un véritable levier de développement.
Abdoul Esikiye, vice-président du comité exécutif de l’UPA et représentant du président du comité exécutif, a orienté son intervention vers la gouvernance démocratique. Pour lui, celle-ci constitue la véritable colonne vertébrale du développement africain. Il a plaidé pour des institutions stables, une gestion publique transparente et participative, ainsi qu’un renforcement de la culture citoyenne.
Il a encouragé les parlements à assumer pleinement leur rôle de moteurs de bonne gouvernance, garants du respect des libertés publiques et du consensus démocratique. Dans un appel fort, il a invité les élus africains à « transformer nos parlements en véritables laboratoires de solutions africaines ».
Fidel Songo


