Les déclarations faites hier par l’opposant Martin Fayulu, accusant Félix Tshisekedi, Joseph Kabila et Paul Kagame d’être responsables d’une prétendue balkanisation en cours de la République démocratique du Congo, ont été vigoureusement dénoncées par Mme Exodus Lukombo, cadre du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions.
Elle qualifie cette sortie du leader de Lamuka d’« absurde », mal pensée et dangereuse pour la clarté du débat politique. Selon elle, il est totalement incohérent d’associer le nom du président Félix Tshisekedi aux présumés auteurs de la balkanisation alors même que ce dernier mène un combat diplomatique, militaire et institutionnel pour freiner l’insécurité à l’Est.
Exodus Lukombo affirme que la démarche de Fayulu relève d’une stratégie visant à « créer volontairement la confusion » et à manipuler l’opinion en brouillant les responsabilités historiques clairement établies de Joseph Kabila et Paul Kagame dans la genèse et l’essor du M23. Pour elle, détourner l’attention des véritables initiateurs du chaos sécuritaire est non seulement malhonnête, mais contribue à entretenir un discours politique toxique.
Elle estime que Fayulu aurait dû se limiter à citer Joseph Kabila et Paul Kagame, qu’elle qualifie de « parrains historiques » du M23 et des réseaux politico-militaires qui ont profondément fragilisé la souveraineté de la RDC. « C’est totalement absurde d’ajouter Félix Tshisekedi dans cette liste. L’institution présidentielle est aujourd’hui un acteur central dans la lutte contre la guerre, pas un complice. Citer son nom revient à masquer la vérité et à s’attaquer à la mauvaise cible », souligne-t-elle.
Mme Lukombo rappelle que la RDC traverse un moment critique, et que l’actuel chef de l’État ne ménage aucun effort pour contenir l’avancée des groupes armés. Pour elle, qualifier Tshisekedi d’acteur de la balkanisation est non seulement infondé, mais politiquement irresponsable. Elle juge d’ailleurs « louche » qu’un opposant évite de nommer ceux qui, durant des années, ont entretenu des alliances directes avec Kigali, facilitant l’enracinement du M23 dans l’Est.
Selon la cadre du Collectif des communicateurs et défenseurs des institutions, les propos de Martin Fayulu relèvent d’une tentative de « brouiller les pistes » en mélangeant volontairement les responsabilités pour affaiblir l’institution présidentielle au lieu de s’attaquer aux véritables sources de la crise. Elle rappelle que « la vérité historique ne peut être effacée pour satisfaire des calculs politiques », et que les acteurs ayant permis l’essor du M23 ne sauraient être blanchis par une rhétorique électoraliste.
Exodus Lukombo insiste sur la nécessité d’un discours politique cohérent et responsable, surtout dans un contexte d’agression. « On ne joue pas avec l’institution présidentielle. En période de guerre, on renforce le front interne ; on ne l’affaiblit pas », martèle-t-elle. Elle appelle l’opposition à replacer la vérité au centre du débat, à dénoncer sans ambiguïté les véritables commanditaires et à éviter les accusations sélectives susceptibles de diviser davantage la nation.
Pour elle, la lutte contre toute tentative de balkanisation passe par la cohésion nationale, la rigueur analytique et la dénonciation ferme de ceux qui, historiquement, ont collaboré avec des forces étrangères hostiles à la RDC. Tout discours contraire, conclut-elle, relève davantage de la manipulation politique que d’un véritable engagement pour la défense de la patrie.
FS


