Kinshasa–AFC/M23 : Fayulu rejette l’accord-cadre de Doha et dénonce « un risque pour l’avenir du pays »

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Quelques jours après la signature, l’opposant Martin Fayulu a exprimé, ce mardi 18 novembre, des réserves concernant l’accord-cadre conclu à Doha entre le gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC/M23. Selon lui, ce document ne constitue en rien « une base crédible pour un accord de paix durable ».

Dans sa déclaration, le leader de la coalition Lamuka rappelle que, malgré les engagements diplomatiques, une partie du territoire congolais demeure occupée et les ressources naturelles continuent d’être exploitées par des forces étrangères, notamment rwandaises et ougandaises.

Poursuivant, Fayulu estime que les discussions menées au Qatar auraient dû se limiter strictement à « la mise en œuvre intégrale et sans complaisance de la Résolution 2773 des Nations-Unies », ainsi qu’à la définition des mécanismes du cessez-le-feu, plutôt que de déboucher sur ce qu’il qualifie d’« accord d’abdication susceptible de compromettre l’avenir de nos enfants ».

Pour cet opposant, toute idée liée à une quelconque « intégration économique régionale » demeure inenvisageable tant que la souveraineté nationale et l’intégrité du territoire sont foulées aux pieds.


« Notre nation n’est pas à vendre. Notre souveraineté n’est pas négociable. L’intégration régionale ne peut exister qu’entre États libres, égaux et respectueux des frontières. La sécurité du Congo ne doit souffrir d’aucune pression, et aucune manœuvre ne peut dévier notre marche vers la cohésion nationale »
, a martelé le président de l’ECIDé.

Pour rappel, l’accord signé à Doha, alors que la méfiance mutuelle régnait entre les deux parties, comprend huit protocoles portant sur les aspects centraux de la crise dans l’est du pays. Il s’agit notamment de la libération des prisonniers, de la surveillance du cessez-le-feu, de l’accès humanitaire, de la restauration de l’autorité de l’État, des arrangements sécuritaires intérimaires, de la gestion du DDR, ainsi que des questions relatives à l’identité, au retour des réfugiés, à la relance économique et au processus de justice et réconciliation.

Peu après la signature de ce texte largement attendu à la fois à l’échelle nationale et internationale et considéré comme déterminant pour la suite de l’accord conclu à Washington, le gouvernement a salué « une avancée décisive sur le chemin d’une paix juste, inclusive et durable dans l’est du pays ».

Dans son communiqué, Kinshasa affirme vouloir placer la sécurité et la dignité de la population au centre de son action, tout en annonçant que les six autres protocoles encore en suspens seront discutés dans un délai de deux semaines.

Fidel Songo

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