Moussa Kalema alerte : Le pays dérive, l’heure d’un sursaut moral et national a sonné (Tribune Libre)

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La République démocratique du Congo est en pleine dérive. Il est cependant l’heure pour un sursaut moral et national. Telle est l’alerte faite par Moussa Kalema Sangolo-Zaku, Président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR) et membre du Bureau politique du FCC, à travers sa toute dernière tribune, publiée ce lundi. En clair, il alerte sur ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle, sécuritaire et diplomatique du pays. Face à un État fragilisé, à une gouvernance qu’il juge improvisée et à une souveraineté menacée, il appelle à un dialogue national inclusif et à un sursaut moral pour éviter l’effondrement progressif de la nation.

Découvrez, ci-dessous, l’intégralité de la tribune

RDC : Quand un pays dérive, le silence n’est plus une option”

La République démocratique du Congo avance depuis plus de six ans dans une zone de turbulence d’une intensité inquiétante. Pour beaucoup d’entre nous, l’angoisse, l’insomnie et la migraine sont devenues des compagnes quotidiennes face à un pays semblable à un navire sans capitaine, sans boussole, livré aux vents contraires. Le désordre s’est installé, l’insécurité s’est généralisée, l’économie suffoque, la corruption se normalise. Comment ne pas s’interroger sur l’avenir d’une nation aussi riche, mais conduite avec une telle improvisation ?

Les institutions semblent avancer sans vision claire. Tout se passe comme si l’on tâtonnait, comme si la gestion publique n’était plus guidée par des principes, mais par des réactions impulsives. L’insécurité n’épargne plus aucune province : milices urbaines, rébellions rurales, groupes armés instrumentalisés par certains acteurs politiques. Même les accusations publiques d’anciens dirigeants, pourtant graves, ne donnent lieu à aucune enquête. Le silence s’est érigé en méthode.

Parallèlement, les services publics essentiels se dégradent : écoles sans moyens, santé à l’agonie, inflation incontrôlée, coût de la vie insupportable. Dans une telle situation, comment demander au peuple de garder confiance ? Comment demander à la jeunesse de croire encore à un avenir national ?

Les contradictions diplomatiques ajoutent au malaise. Coopérations militaires incompréhensibles, médiations mal gérées, adhésions internationales non concertées, confrontations régionales sans stratégie. La rébellion AFC/M23, mieux équipée que l’armée nationale selon les rapports internationaux, poursuit son avancée. Pendant ce temps, on pille nos ressources via des circuits bien identifiés, avec la complicité d’acteurs extra-africains. Et l’État congolais, au lieu de clarifier ses alliances et de défendre ses intérêts, navigue à vue, comme si comprendre les enjeux lui était devenu impossible.

Ces choix politiques exposent le pays à une perte accrue de souveraineté. Ils exposent aussi les dirigeants actuels à de futures poursuites pour haute trahison. Car la souveraineté n’est pas un slogan : elle est un devoir. Et la première souveraineté, avant d’être militaire ou économique, est morale.

Un État qui ne respecte pas sa parole perd sa crédibilité. Un gouvernement qui s’éloigne de la vérité perd sa légitimité. Une institution qui se laisse instrumentaliser trahit ceux qu’elle doit servir. Diriger un pays, c’est être comme la femme de César : au-dessus de tout soupçon. Sinon, le pouvoir devient une prison, et la nation, une victime.

Aujourd’hui, la RDC fait face à une vérité simple : aucune force politique, aucun groupe armé, aucune église, aucun parti au pouvoir, aucune organisation internationale ne peut résoudre seul cette crise. Nous sommes arrivés à un point où seule une démarche collective et patriotique peut empêcher le Congo de glisser vers le scénario que chacun redoute : celui d’un État en voie de désintégration progressive.

C’est pourquoi l’appel lancé par la CENCO et l’ECC doit être entendu : nous avons besoin d’un dialogue national inclusif, réunissant toutes les forces vives, y compris les mouvements politico-militaires comme l’AFC/M23, pour transformer la confrontation en discussion, la colère en lucidité, et la confusion en vision.

Le Congo ne peut être sauvé par la ruse, la peur ou la propagande.
Il sera sauvé par la vérité, l’éthique, le courage et l’unité.

Le temps du sursaut moral est venu.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku,

Président National du PVR, Membre du Bureau Politique du FCC

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