Dans une tribune libre publiée récemment, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président du Parti des Vertus Républicaines (PVR) et cadre du FCC, tire à boulets rouges sur le régime en place. Il accuse le pouvoir actuel d’avoir transformé la République en « bien personnel », d’avoir trahi la confiance du peuple et d’entretenir « un système de mensonge, de favoritisme et de duplicité ». Pour lui, l’heure n’est plus aux silences complices : « Le Congo est à genoux, il faut dire la vérité pour sauver la République. »
Ci-dessous, découvrez l’intégralité de la tribune
TRIBUNE DE VÉRITÉ ET DE DIGNITÉ NATIONALE
Dire la vérité pour sauver la République
Le temps de la vérité
Le moment est venu de parler sans détour, avec courage et lucidité.
Car un peuple qui se tait face à l’injustice devient complice de sa propre servitude.
Je m’adresse aujourd’hui à la conscience nationale – à ce Congo profond qui souffre, à cette jeunesse sacrifiée, à ces familles qui espèrent encore en la République.
Notre pays traverse une crise totale : politique, morale, économique et sécuritaire.
Le régime actuel a échoué.
Il a trahi la confiance du peuple, dévoyé les institutions et affaibli la nation.
Depuis les élections frauduleuses de 2018, confirmées par la mascarade électorale de décembre 2023, la République Démocratique du Congo vit une dérive sans précédent :
le Parlement est acheté, la justice muselée, la presse intimidée, et le peuple méprisé.
Le Congo est devenu la propriété privée d’un petit groupe, pendant que la majorité de nos concitoyens survivent dans la misère et la peur.
Le pouvoir n’est pas une tribune de lamentations
On ne devient pas chef de l’État pour se plaindre, pour se justifier, ni pour chercher des boucs émissaires.
On ne prend pas le pouvoir pour répéter les erreurs de ses prédécesseurs, mais pour faire mieux qu’eux.
Gouverner, c’est servir – non se servir.
Le pouvoir est un contrat moral entre le dirigeant et son peuple.
Celui qui trahit ce contrat trahit la nation.
Le régime actuel, fondé sur la manipulation et le favoritisme, a remplacé l’idéal républicain par un système de clan, d’allégeance et d’exclusion.
Jamais, même sous le parti unique du MPR, la RDC n’a connu une telle concentration du pouvoir entre les mains d’une seule communauté.
Confier simultanément la CENI, la Justice, les Finances, l’Intérieur, l’EPST et les principales juridictions à des personnes issues du même groupe régional viole l’esprit de la Constitution et détruit le fragile équilibre national.
Ni Mzee Laurent-Désiré Kabila, qui prit le pouvoir par une révolution, ni Joseph Kabila, qui lui succéda dans des circonstances tragiques, n’ont commis une telle faute.
Ils ont gouverné avec mesure, dans le respect de la diversité et de la cohésion nationale.
L’hypocrisie et le mensonge comme mode de gouvernance
Le peuple congolais n’est plus naïf.
Il ne se laisse plus tromper par des procès politiques, des simulacres judiciaires ou des campagnes de diabolisation.
Ce qu’il réclame, c’est la vérité et la justice : des procès équitables, rendus par des juges impartiaux, non des instruments de vengeance.
L’actuel pouvoir a fait du mensonge une méthode de gouvernement.
Il falsifie l’histoire, manipule la mémoire collective et accuse les autres de ses propres fautes.
Pourtant, l’histoire est têtue.
De l’alliance avec le Rwanda à l’époque de l’AFDL et du RCD, jusqu’aux justifications honteuses des pendaisons du Stade des Martyrs, les faits sont là : une continuité de duplicité, d’alliances obscures et de compromissions.
Aujourd’hui, la même logique se poursuit : celle d’un pouvoir prêt à tout pour conserver ses privilèges, même au prix de la dignité nationale.
Des morts suspectes et un silence complice
Le peuple attend des explications sur les morts troublantes qui jalonnent ce régime :
le général Kayimbi, chef de la DEMIAP, disparu dans des circonstances jamais élucidées ;
le général Mukuntu, auditeur général, mort dans des conditions similaires ;
le président de la Cour suprême, disparu dans l’anonymat ;
le député et ministre Chérubin Okende, assassiné dans l’indifférence d’État.
Le juge Laurant, mort suspecte non élucidée.
Ces drames ne peuvent rester sans réponse. Le silence des institutions est un aveu.
Sur la question du Rwanda et du M23
Lorsque Joseph Kabila dénonçait l’agression rwandaise, l’opposition d’alors niait les faits, parlant de « mauvaise gouvernance ».
Aujourd’hui, les mêmes acteurs admettent enfin l’évidence, mais trop tard.
Ils récoltent les fruits de leur duplicité.
Le président Félix Tshisekedi avait promis d’« effacer le Rwanda de la carte » à la moindre agression.
Il avait juré de s’installer à Goma jusqu’à la restauration de la paix.
Il n’en a rien fait.
Pire encore, il a ouvert notre espace aérien au Rwanda, confié la sécurité de l’aéroport de Goma à des forces étrangères et signé des accords d’exploitation minière au détriment de la souveraineté nationale.
Ce double discours est une faute historique.
Oui, les États défendent leurs intérêts ; mais un président digne de ce nom défend ceux de son peuple, pas ceux d’autrui.
Un pays à genoux
Sous ce régime, la corruption est devenue endémique, l’impunité la norme et la misère le quotidien.
Les promesses de moralisation, de réforme et d’État de droit se sont effondrées.
L’armée, jadis respectée et structurée, est aujourd’hui démoralisée et désorganisée.
La paix est absente, les provinces vivent dans la peur, et la jeunesse n’a plus d’avenir.
Pendant que le pouvoir organise des simulacres électoraux, les Congolais meurent de faim, d’insécurité et d’injustice.
Les grandes institutions de la République sont transformées en instruments de propagande et de soumission.
Le devoir de résistance patriotique
Changer la Constitution sans mandat populaire, c’est une trahison nationale.
Tenter de s’éterniser au pouvoir par des artifices juridiques, c’est bafouer la souveraineté du peuple.
Nous disons non à la confiscation de la République !
L’histoire nous appelle.
Le Congo ne doit pas mourir dans le mensonge et la manipulation.
L’heure est au sursaut patriotique.
J’en appelle à toutes les forces vives de la nation – aux patriotes, aux confessions religieuses, aux mouvements citoyens, aux femmes, aux jeunes, aux intellectuels et à la diaspora.
Unissons-nous pour défendre notre dignité collective et reconstruire notre pays.
Ce combat n’est pas celui d’un homme.
C’est celui d’un peuple qui veut se relever et redevenir maître de son destin.
Pour conclure
« Le Congo n’appartient ni à un homme, ni à un clan.
Il appartient à son peuple, et ce peuple n’acceptera plus d’être trahi. »
Oui, le temps est venu de dire la vérité pour sauver la République.
Et cette vérité est simple : le mensonge ne construit pas une nation.
Seule la justice, la vérité et le courage patriotique peuvent redonner espoir à notre peuple.
L’avenir du Congo dépend de notre capacité à braver la peur, à dénoncer la trahison et à exiger la dignité nationale.
M. Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR)
Membre du Bureau politique du FCC
Kinshasa, 7 novembre 2025


