Analyste politique et politologue patenté, Emmanuel Djanga, monte au créneau pour interpeller, à travers une réflexion audacieuse, le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, face à la situation chaotique du pays. Ce politologue critique d’abord les déplacements répétitifs du Président de la République, qui ne cessent de foisonner, selon lui, mais jamais rien de concret au bénéfice du peuple en retour.
Après avoir été en France, en Belgique, en Egypte au Qatar et actuellement au Brésil, ces déplacements du chef de l’État qui, faut-il le souligner, coûtent des millions au trésor public, suscitent un profond questionnement dans les chefs des congolais.
C’est ainsi que Emmanuel Djanga rappelle au président Tshisekedi de changer de paradigme car, dit-il, aucun pays ne se construit par des discours et des voyages répétitifs à travers le monde, mais par des actes concrets.
Plus loin, il qualifie de patriotisme de façade ce qui caractérise le pouvoir actuel, qui nourrit la population de promesses irréalistes et brille par une gouvernance marquée par le clientélisme et la nomination d’incompétents.
Pour Emmanuel Djanga, ce ci est la « véritable balkanisation institutionnelle ».
Ci-dessous, découvrez l’intégralité de la tribune d’Emmanuel Djanga
Monsieur le Président, cher Félix, ne vous dit-on pas qu’aucune puissance au monde ne se construit avec des discours et de longs voyages répétés à travers le monde ?
Votre manière de gouverner a fini par convaincre les congolais que le Congo mérite mieux que vos discours, déclarations et intentions.
Pas d’éternité, sauf Dieu
On ne trompe jamais toute une génération ; il y a toujours une minorité qui comprend.
En Égypte, vous avez, une fois de plus, joué au film de téléréalité, dans votre discours sur la situation au pays. Tenez! Le micro n’est pas un espace pour exprimer son patriotisme. Oui, on comprend mieux le patriotisme du pouvoir, qui est un poison pour les moins doués.
Et puis, on ne devient jamais militaire à 60 ans, encore moins en Égypte lors d’une mission. C’est l’esprit qui gouverne le monde et non la tenue.
Vos propos en Égypte, monsieur le Président, ne sont pas dignes de vous. Ce sont des discours réservés aux membres des mouvements associatifs, pas à une personne qui représente tout un Etat. Et puis, avez-vous oublié que vous êtes le commandant suprême des forces armées ? Dommage !
D’ailleurs, la résistance est une œuvre de l’esprit et non des tenues. Erdogan n’est pas et n’a jamais été militaire, pourtant, grâce à lui, la Turquie est respectée sur la scène internationale : sa petite voix compte maintenant et fait peur. Il n’accuse pas, mais assume ; il ne parle pas, mais agit.
Nous devons au Congo sa valeur, sa grandeur et sa dignité. Dites-moi, quel est ce président au monde qui a sauvé son pays à travers des discours et des voyages répétés ? On ne gouverne jamais en distillant l’espoir d’un peuple à travers des rêves et des songes. Au lieu de régner, il faut gouverner. Et, M. Le président, sachez que gouverner, c’est assumer, préparer et conduire.
Merci pour les différents discours, merci pour les multiples voyages, merci pour les diverses accusations. Le Congo de nos ancêtres se relèvera un jour. Nous gardons espoir.
La plus dangereuse des balkanisations est la balkanisation institutionnelle. Lorsqu’à l’intérieur, on nomme des incompétents et des étourdis à la tête des institutions, auréolés par le clientélisme, le favoritisme et le tribalisme, alors la récompense remplace la compétence. Voilà la véritable balkanisation. Ce n’est pas Kagame qui vient faire le choix des animateurs de nos institutions. Le Rwanda ne nous empêche pas non plus de créer ni d’innover. À chacun son temps, et c’est à l’histoire de juger.
Emmanuel Djanga
Politologue et patriotique


