Dans son 33ᵉ point de vue sur la situation nationale, le Professeur Yangambi plaide pour une paix durable et un véritable sursaut patriotique en République démocratique du Congo. Il propose la tenue d’un Forum Patriotique Indépendant réunissant toutes les forces vives du pays, majorité, opposition, société civile et diaspora, afin de restaurer la cohésion nationale et poser les bases d’un développement centré sur l’intérêt du peuple congolais.
TRIBUNE
Mon 33ᵉ point de vue sur la situation que traverse notre pays :
La République Démocratique du Congo.
Par Professeur Yangambi
Suggestions pour une paix durable au Congo :
Aimons le Congo pour assurer son développement.
La recherche de la paix et de la prospérité au Congo présente des enjeux complexes et diversifiés. Les objectifs principaux demeurent le développement du pays, la restauration de la cohésion nationale et la consolidation d’un État de droit garantissant l’égalité devant les lois.
Les différents groupes s’engagent à servir l’intérêt général du Congo et de sa population, proposant des initiatives politiques qui, cependant, ne font pas toujours consensus auprès des autres acteurs politiques. Ces malentendus engendrent des discours susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale et de renforcer les divisions existantes. Une solution pertinente réside dans l’organisation préalable d’un forum patriotique indépendant avant le dialogue inclusif réunissant l’ensemble des parties prenantes nationales et de la diaspora, incluant l’union sacrée de la nation, l’opposition armée, l’opposition non armée, la société civile ainsi que des experts ou des penseurs indépendants. Ce forum aura pour objectif de favoriser la conciliation des divergences politiques et des positions intransigeantes entre les participants originaires du Grand Congo.
Pour ceux qui envisagent des soulèvements populaires à l’heure actuelle, il est important de noter que la réussite d’un tel mouvement dépend généralement de la présence d’un leader charismatique. Dans l’hypothèse de la réussite du soulèvement, ce dernier serait amené à assumer la présidence de la République et à exercer le pouvoir en collaboration avec ses proches collaborateurs. Toutefois, cette situation est susceptible de susciter la formation de groupes d’opposition liés à divers mécontentements, ce qui pourrait fragiliser davantage la cohésion nationale et entraîner de nouveaux mouvements contestataires, générant ainsi un cercle vicieux.
Notre pays compte plus de 900 partis politiques. Chaque parti possède une autorité morale. Certains analystes estiment que de nombreux politiciens congolais sont motivés par des intérêts personnels dans leur engagement politique. Cette incompatibilité conduit, de façon regrettable, à un partage du « gâteau-Congo ». Même dans ce scénario, il est possible que certaines personnes ne soient pas satisfaites, ce qui pourrait entraîner l’apparition de groupes attachés à des intérêts particuliers, d’inégalités sociales ou de relations fondées sur le clientélisme et les réseaux politiques. Face à ces défis potentiels, la République démocratique du Congo doit envisager des stratégies pour les gérer et orienter le pays vers son développement.
La rencontre des opposants politiques non armés à Nairobi, au Kenya, s’inscrirait dans la perspective de rechercher la paix en République démocratique du Congo et de répondre aux préoccupations du peuple congolais. Toutefois, il demeure essentiel de déterminer les modalités adéquates de gestion des acteurs politiques congolais afin d’éviter toute persistance de dysfonctionnements institutionnels ou de tensions exacerbées au sein du pays.
La République démocratique du Congo compte parmi ses citoyens des leaders disposant de compétences académiques et professionnelles reconnues à l’échelle internationale. Il est essentiel pour le pays de valoriser les expertises de l’ensemble de ses ressortissants, y compris ceux établis à l’étranger. Il n’est pas certain que remplacer un groupe de politiciens par un autre résolve les problèmes rencontrés par le peuple congolais.
Un leader est généralement considéré comme un agent de changement qui travaille pour l’intérêt collectif et le bien-être de la communauté. Un leader doit faire preuve d’intégrité morale, de patriotisme et être résolument investi dans le service rendu à la nation et à ses citoyens. Un leader se définit comme une personne ayant acquis la capacité de ne pas tolérer les comportements inappropriés ou la médiocrité, et qui demeure ferme sur les valeurs et les intérêts de sa communauté, même face à l’adversité. Le leadership requiert des qualités morales solides au-delà d’une simple apparence respectable.
Un groupe composé de politiciens, provenant d’oppositions armées ou non armées, ainsi que de penseurs congolais sans affiliation politique et d’autres spécialistes, pourrait participer à des discussions dans le cadre d’un « Forum Patriotique Indépendant ». Ce forum serait conçu pour garantir l’indépendance des débats, sans influence ni orientation de la part de partis ou de regroupements politiques. Les membres, sélectionnés parmi des représentants qualifiés de toutes les provinces, auraient pour mission d’analyser les facteurs entravant le développement national.
La capacité à faire preuve de flexibilité politique, plutôt que d’intransigeance, est une qualité essentielle des responsables qui réussissent à obtenir les services nécessaires au progrès de leurs communautés. Il demeure possible de promouvoir la paix, la prospérité et la cohésion nationale, éléments fondamentaux de l’unité nationale congolaise.
À l’issue d’une analyse approfondie, cinq niveaux de préoccupations à résoudre peuvent être identifiés et sont synthétisés comme suit :
1. Que faire face aux initiatives de balkanisation ?
2. Comment aborder la gestion des ressources minières par les acteurs extérieurs, tels que les pays voisins et les multinationales ?
3. Quelles stratégies adopter pour ceux qui cherchent à protéger leurs intérêts individuels ?
4. Quelle approche privilégier pour les personnes souhaitant accéder ou se maintenir dans les institutions ?
5. Par quels moyens favoriser le bien-être de la population ?
Il est recommandé d’examiner chaque question individuellement ainsi que l’ensemble des problématiques, afin d’identifier des solutions potentielles. Sans cette démarche, les divergences persisteront et une situation stable restera hors de portée.
Le développement du Congo passe par la prise en compte des intérêts de la nation et du peuple congolais. La confusion entre les objectifs politiques et le bien commun peut constituer un frein à l’amélioration des conditions sociales et économiques de la population. Certains estiment que la démocratie représente un défi dans le contexte congolais, car elle complexifie la mise en œuvre des réformes nécessaires. Nous proposons que les experts et les penseurs indépendants réfléchissent à des stratégies adaptées de développement en dehors des cadres politiques traditionnels. Les questions liées à la politique et au développement du pays soulèvent ainsi des enjeux importants qui méritent d’être analysés et réfléchis attentivement.
La politique actuelle entrave la progression sociale et économique du pays, car de nombreux politiciens privilégient leurs intérêts plutôt que ceux de la nation. La démocratie, telle qu’elle est pratiquée actuellement au Congo, complique encore les efforts d’amélioration. Il est essentiel que les experts et les penseurs congolais élaborent des stratégies de développement indépendantes de la sphère politique.
Soyons unis et agissons pour protéger et faire avancer le Congo.
Patriotiquement,
Professeur Yangambi Waakalewae Matthieu, Ed.D.
📞 +243 999 035 079
📧 [email protected]


