Dans une tribune incisive, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR), alerte sur les dangers d’une éventuelle révision de la Constitution congolaise. Alors que le pays est en proie à des crises sécuritaires, économiques et sociales, il dénonce une manœuvre visant, selon lui, à prolonger le pouvoir en place au détriment de la souveraineté populaire et met en garde contre le risque d’un chaos politique et géopolitique.
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Tribune de Moussa Kalema Sangolo – Zaku President National du Parti des Vertus Républicaines ( PR V ) : La révision constitutionnelle en RDC – Une ligne rouge à ne pas franchir
La République Démocratique du Congo traverse une période critique de son histoire. Alors que le pays est déchiré par des guerres à l’Est, miné par la corruption et paralysé par la mauvaise gouvernance, certains membres de la mouvance présidentielle agitent à nouveau l’idée d’une révision de la Constitution. Cette manœuvre, habilement concocter depuis plusieurs mois et enveloppée dans un discours sous prétexte d’un discours de « modernisation » et d’« adaptation aux défis actuels », n’est rien d’autre qu’une tentative de confiscation du pouvoir au détriment du peuple souverain.
1. Une violation flagrante du pacte républicain
La Constitution congolaise, adoptée par référendum en 2005, constitue un pacte sacré entre le peuple et ses dirigeants. Elle contient des « dispositions verrouillées », notamment celles qui limitent le nombre et la durée des mandats présidentiels. Ces dispositions sont intangibles et toute tentative de les modifier constitue une violation de la volonté populaire.
Modifier la Constitution pour satisfaire l’ambition d’un homme ou d’un clan, c’est trahir la souveraineté du peuple congolais et ouvrir la voie à un régime autoritaire.
2. Un pouvoir déjà discrédité par sa mauvaise gouvernance et ses dérives autoritaires .
Depuis son avènement au pouvoir, Félix Tshisekedi a multiplié les atteintes aux principes démocratiques :
• Changement artificiel de majorité parlementaire par transhumance et corruption.
• Organisation d’élections contestées, décriées comme un simulacre.
• Caporalisation du Parlement et instrumentalisation de la justice.
• Répression des opposants, des journalistes, des activistes des droits humains, et multiplication des exils forcés.
• Signature de contrats léonins hypothéquant nos ressources minières et compromettant la souveraineté nationale.
• Institutionnalisation de la rétrocommission et généralisation du détournement des fonds publics.
Ces pratiques, plus graves encore que celles reprochées aux régimes précédents, discréditent toute prétention à réviser la loi fondamentale.
3. Une menace socio-économique et sécuritaire sans commune mesure .
Alors que le pays ne contrôle pas l’intégralité de son territoire, que l’Est est occupé par des groupes armés (AFC-M23 et alliés), et que la population vit dans une misère grandissante, parler de changement constitutionnel relève de la provocation.
Le peuple congolais souffre :
• d’une paupérisation croissante,
• du chômage massif,
• de l’effondrement des services sociaux de base,
• de l’insécurité alimentaire et sanitaire.
Dans ce contexte, toute tentative de révision constitutionnelle ne peut être perçue que comme une priorité cynique d’un régime déconnecté des réalités.
4. Les risques politiques et géopolitiques
L’histoire récente a montré que les tentatives de manipulation constitutionnelle se heurtent à la résistance populaire. Déjà, une précédente velléité de changement avait contribué à l’explosion de violences, notamment avec la prise de Goma et Bukavu par les rebelles.
Aujourd’hui, les conditions sont encore plus explosives :
• Le peuple est conscient des mensonges et manipulations.
• Les divisions tribales et le népotisme attisent les tensions.
• Le pays est menacé de balkanisation à cause de l’incapacité du pouvoir central à défendre son territoire.
Persister dans cette voie, c’est prendre le risque de plonger la nation dans un chaos incontrôlable dont personne ne sortira vainqueur.
5. Appel à la vigilance nationale et internationale
Face à la tentative de la modification de la constitution envisagée par les détenteurs du pouvoir actuel ,
Nous lançons un appel solennel :
• Au peuple congolais, pour qu’il reste vigilant et refuse toute tentative de confiscation de sa souveraineté.
• À la communauté internationale, pour qu’elle ne cautionne pas, directement ou indirectement, une entreprise de dérive autoritaire.
• Aux institutions démocratiques et forces vives, pour qu’elles s’opposent fermement à ce projet.
La Constitution est le bouclier de la République. Y toucher pour des raisons opportunistes, c’est ouvrir la voie à une dictature et condamner l’avenir du pays.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku.
President National du Parti des vertus Républicaines ( P V R )


