Procès contre Joseph Kabila : Quand la haine et la jalousie travestissent l’histoire au détriment de la République (Tribune de Moussa Kalema)

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Dans une tribune libre au ton ferme et incisif, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR), s’insurge contre ce qu’il qualifie de « procès de la honte » intenté à l’ancien président Joseph Kabila. Pour lui, cette procédure, présentée par ses initiateurs comme « le procès du siècle », n’est qu’une farce politique orchestrée par des adversaires mus par la haine et la jalousie, au mépris de la vérité et de l’État de droit.

Rappelant le contexte chaotique dans lequel Joseph Kabila a accédé au pouvoir, un pays morcelé, sans armée, ni Constitution, et sous la menace de la balkanisation, il dresse un bilan des actions entreprises par ce dernier pour restaurer l’unité nationale, reconstruire les institutions et redonner à la RDC une armée digne de ce nom.

Moussa Kalema fustige par ailleurs l’amnésie sélective de certains acteurs politiques, notamment de l’UDPS, qu’il accuse d’avoir autrefois soutenu des rébellions et des puissances étrangères. Selon lui, ce procès, entaché de vices de procédure et conduit par des avocats partisans, symbolise la dérive d’une justice aux ordres, transformée en instrument de règlement de comptes. Une situation qu’il juge dangereuse pour l’avenir du pays, avertissant que la vérité historique finira toujours par triompher devant le tribunal de l’Histoire.

Ci-dessous, découvrez l’intégralité de la tribune

TRiBUNE LIBRE de MOUSSA KALEMA SANGOLO – ZAKU PRÉSIDENT NATIONAL du PARTI DES VERTUS RÉPUBLICAINES ( P V R ) e De la Robe Noire à la Chemise du Parti : dérive d’une Justice aux ordres

Quand la haine et la jalousie travestissent l’histoire au détriment de la République

Le procès intenté contre l’ancien président Joseph Kabila, présenté par ses accusateurs comme « le procès du siècle », restera sans doute dans l’histoire comme le procès de la honte. Une farce judiciaire où la vérité a été sacrifiée sur l’autel de la haine, de la jalousie et du règlement de comptes politique. Une mise en scène où les avocats, censés incarner la défense de la loi et de la République, se sont mués en militants de parti, troquant la toge noire de la justice contre la chemise du clientélisme tribal et partisan.
Oui ce procès en cours devant la Cour d’ordre militaire de la RDC ne cessera d’alimenter la chronique et demeurera sans doute dans la mémoire collective pendant des décennies de l’histoire judiciaire à travers le monde. Pourtant, dès ses premières audiences, il s’est imposé comme une caricature de justice : non seulement les juges, censés incarner l’autorité et garantir le respect du droit, se sont abstenus de rappeler à l’ordre des avocats emportés par la passion politique, mais ils ont laissé ces derniers usurper le rôle même de l’Auditeur général. Ces avocats, choisis en principe pour leur expertise et leur maîtrise, se sont permis de modifier l’acte d’accusation, d’altérer l’identité du prévenu et de s’ériger en procureurs improvisés. Ce faisant, ils n’ont pas seulement terni leur propre image, mais ont gravement discrédité la faculté de droit de la RDC et découragé une génération entière d’étudiants qui rêvaient encore de la noblesse de la toge noire.

Ce procès, qui devrait faire époque à l’instar du combat Foreman–Ali d’une certaine époque — à la différence que ce dernier fut un moment de gloire et de considération pour le pays —, se révèle n’être rien d’autre qu’une farce de mauvais goût. Un procès qui, loin d’élever la justice congolaise, efface jusqu’à l’envie d’étudier le droit dans nos universités, tant le spectacle offert par les avocats du gouvernement choque, et tant la passivité des juges interroge : qui dirige réellement le débat ?

Alors que les juges, saisis par le ministère public, devraient attendre des preuves irréfutables pour asseoir l’accusation, ce sont plutôt les avocats du gouvernement qui s’improvisent accusateurs, modifient à leur gré l’acte d’accusation, proposent eux-mêmes la sentence. Pendant ce temps, les juges restent figés, absents, presque ailleurs.

Dans un procès pénal digne de ce nom, les témoins sont assermentés, identifiables, crédibles. Ici, les prétendus témoins cités par les avocats ne le sont pas. Le vice-Premier ministre Mbemba, qui a multiplié des déclarations tapageuses sur la nationalité de Kabila, n’a jamais comparu. Le ministre Moyindo Nzangi, également cité, n’a jamais déposé.

Le report du prononcé, accepté par la Cour d’ordre militaire à la demande de la partie civile au motif de nouveaux éléments et de la comparution de trois nouveaux témoins prétendument « pièces maîtresses », n’est qu’une manœuvre dilatoire et déshonorante.

Bref, ce cirque mal monté fait véritablement honte à la République. Il avilit de plus en plus l’image de la RDC à travers le monde et loin d’honorer la toge noire, il la ridiculise.


Un héritage chaotique, un pays au bord de la disparition

Joseph Kabila est arrivé au pouvoir dans un contexte inédit. À l’âge de 29 ans, il a hérité d’un pays divisé en micro-États dirigés par des chefs de guerre : MLC de Jean-Pierre Bemba, RCD de Azarias Ruberwa, RCD-KML de Mbusa Nyamwisi, et bien d’autres.
Le Congo n’avait alors ni armée nationale, ni Constitution, ni infrastructures, mais une dette extérieure d’environ 14 milliards de dollars. Les forces étrangères, appuyées par certaines élites locales, rêvaient déjà d’une balkanisation programmée depuis bien avant l’indépendance.

Une œuvre de reconstruction et de fédération

Malgré sa jeunesse et ses limites, Joseph Kabila a posé des actes structurants :
• Il a accepté le partage du pouvoir avec quatre vice-présidents, preuve qu’il cherchait l’unité plutôt que la domination.
• Il a donné au pays une Constitution commune, là où chaque groupe armé imposait sa propre loi.
• Il a entrepris la reconstruction d’une armée nationale, issue de la juxtaposition des milices. Cette armée a fini par se hisser au 7ᵉ ou 8ᵉ rang africain.
• Sous son mandat, la RDC a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE, assainissant une dette extérieure asphyxiante.

Ces réalisations ne sont pas le fait d’un « espion » ou d’un « parrain de rébellion », mais d’un homme qui a assumé, malgré ses défauts, la lourde tâche de maintenir debout une République vacillante.

La victoire sur les rébellions : un fait historique occulté

L’histoire retiendra que sous Kabila, le pays a défait militairement des mouvements rebelles puissants, lourdement appuyés par Kigali et Kampala.
• En 2009, l’accord avec le CNDP a permis de réduire une menace interne majeure.
• En 2013, l’armée congolaise, réorganisée et déterminée comme le reconnaît le Président de la République Félix Tshisekedi , a infligé une défaite mémorable au M23, mettant en fuite ses commandants et incarcérant plusieurs de ses chefs.

Ce fait historique est aujourd’hui volontairement occulté par ceux qui, paradoxalement, avaient eux-mêmes apporté leur soutien à la dictature de Mubutu Seseko et à diverses rébellions au fil des décennies, qu’il s’agisse de l’AFDL, du RCD ou même du MLC.

Des accusateurs frappés d’amnésie sélective

Il est troublant de voir l’UDPS, aujourd’hui au pouvoir, travestir l’histoire en prétendant que Kabila serait l’instigateur des maux de l’Est.
Pourtant, les archives et témoignages sont clairs :
• Étienne Tshisekedi et plusieurs cadres de l’UDPS ont soutenu l’AFDL à ses débuts.
• Des figures de ce parti ont entretenu des contacts avec Kigali, au point de visiter et saluer des troupes rebelles en pleine guerre.
• Plusieurs cadres, tel Valentin Mubake, ont reconnu publiquement avoir multiplié les déplacements et alliances avec des acteurs étrangers pour renverser Kinshasa.

Aujourd’hui, cette mémoire est effacée, comme si l’histoire pouvait être réécrite à coups de slogans et de procès spectacle.

Un procès vicié dès l’origine

Ce procès n’a rien de judiciaire.
• Les immunités de Joseph Kabila ont été retirées en violation de la Constitution et du statut d’ancien président.
• Le Congrès, seule instance habilitée à autoriser une telle procédure, n’a jamais été convoqué.
• Les avocats du ministère public ont été choisis sur base partisane : tous membres de l’UDPS, certains même candidats malheureux aux législatives.
• Ils avaient promis des témoins « accablants » ; ils n’ont rien présenté, prétextant des raisons de sécurité, alors qu’ils sont parmi les personnes les mieux protégées du pays.

Voilà pourquoi ces « avocats » méritent davantage le qualificatif d’avocayaux, instruments d’un procès politique plutôt que défenseurs de la République.

De la justice au théâtre de la haine

Ce procès n’est pas une quête de justice. C’est une tentative d’effacer l’héritage d’un homme au nom de la vengeance, de la jalousie et du calcul partisan.
Mais l’histoire est têtue : elle retiendra que celui que l’on cherche à salir fut celui qui a empêché la disparition totale de l’État congolais, qui a résisté aux projets de balkanisation, et qui a doté la République d’institutions minimales pour survivre.

Conclusion : une République affaiblie

À vouloir transformer la justice en instrument de haine, on ne fait pas que salir un homme : on humilie la République elle-même.
Car une justice de parti n’est pas la justice.
Car un procès de haine n’est pas un procès.
Et parce qu’une vérité falsifiée finit toujours par s’écrouler devant le tribunal de l’Histoire.


Fait à Kinshasa le 20 / 09 / 2025

Moussa Kalema Sangoloza. Zaku

President National du Parti des Vertus Républicaines ( PVR )

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