C’est l’actualité brûlante. La déstabilisation de l’institution Assemblée nationale est sur toutes les lèvres. Le Rapporteur Jacques Djoli Eseng’Ekeli est l’un des 5 membres du Bureau Kamerhe visés par une pétition « alimentaire ».
Suivant le programme établi par la Commission spéciale devant statuer endeans 72 heures sur ces différentes pétitions, le Speaker Vital Kamerhe et le Professeur Djoli ont été auditionnés ce vendredi 19 septembre 2025 dans la salle des banquets du Palais du Peuple.
Que reproche-t-on à l’élu du territoire de Boende ?
Au fait, c’est risible et même ridicule! 231 signatures contre le Rapporteur de l’Assemblée nationale obtenues en contre-partie des billets verts rien qu’à cause du dispatching « tardif » des documents de travail aux députés nationaux. C’est vraiment ça la raison principale?
En creusant comme fin limier de l’information, l’on se rend compte qu’il s’agit d’une bataille de leadership dans le Grand Équateur, plus particulièrement dans la province de la Tshuapa.
Trajectoire politique
Souvenons-nous : le parcours politique du Professeur Jacques Djoli remonte au Mouvement de Libération du Congo (MLC), alors parti de l’opposition, fondé par Jean-Pierre Bemba Gombo. Pendant que cet ancien Vice-président de la République sous le régime 1+4 piloté par Joseph Kabila était incarcéré à la Cour Pénale internationale (CPI), Jacques Djoli, alors Sénateur, fut l’un de ses lieutenants qui a bravé la peur pour faire face à la dictature instaurée par le régime passé. Il avait dit non à plusieurs sollicitations et postes juteux lui proposés par le pouvoir en place (régime Kabila).
Il est demeuré fidèle au Chairman jusqu’à sa sortie de prison. Pendant ce temps, beaucoup cadres du MLC quittaient le navire pour rejoindre le Raïs. Au final, Jacques Djoli était payé en monnaie de singe : le parti qu’il avait servi loyalement pendant plusieurs années lui refusa l’investiture comme Rapporteur lors de l’élection du Bureau définitif de la Chambre basse du Parlement qui avait porté le patriarche Christophe Mboso au Perchoir.
Aussi, au fil du temps, le Professeur Jacques Djoli a créé son propre parti politique sous la dénomination « Les Bâtisseurs du Congo ».Il n’a donc jamais été kabiliste. En prélude des élections de 2023, ce digne fils de la Tshuapa et du Grand Équateur s’est rallié à un autre ténor de cette partie de la RDC, en l’occurrence Maître Guy Loando Mboyo, pour cheminer ensemble au sein du regroupement politique ANB. Plusieurs autres partis dont le PALU ont embarqué dans ce navire. L’ANB a intégré la plateforme ou famille politique Agissons et Bâtissons pilotée par Jean Michel Sama Lukonde, l’actuel Président du Sénat.
Jacques Djoli fut désigné comme candidat unique au poste de Rapporteur de l’Assemblée nationale. Le Président initiateur de BC avait realisé le meilleur score à l’élection du Bureau définitif de cette institution parlementaire : 387 voix sur un total de 405 votants.
Depuis lors, il épaule le Speaker Vital Kamerhe dans sa lourde tâche. L’honorable Djoli vient de renouveler sa loyauté au Chef de l’État, Félix Tshisekedi, Autorité suprême de l’Union Sacrée de la Nation en signant la Charte sous le regard bienveillant du Secrétaire permanent André Mbata.
Il sied de souligner que Jacques Djoli Eseng’Ekeli est le chouchou des fils et filles du territoire de Boende. Hormis le deuxième cycle électoral (2011) au cours duquel il occupait les fonctions de Vice-président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le Professeur Djoli a été élu et réélu lors de trois autres cycles dans ce coin de la RDC.
Pourquoi cette pétition « alimentaire » ?
Depuis plusieurs semaines, la toile est enflammée par les turbulences politiques au Parlement, plus particulièrement à l’Assemblée nationale. Dans des hôtels de Kinshasa, l’argent a circulé pour obtenir la signature des pétitions contre 5 membres du Bureau Kamerhe, à l’exception de Jean-Claude Tshilumbayi et Christophe Mboso, respectivement premier et deuxième Vice-président.
En réalité, « Bokulaka » Djoli est trahi par les siens en raison du leadership régional. C’est une humiliation et indignation pour les ressortissants de la Tshuapa et du Grand Équateur.
Parmi les pétitionnaires originaires de la Tshuapa, seuls les deux députés nationaux membres de l’ANB, en l’occurrence, Reagan Ilanga Bakonga (petit frère de Willy Bakonga) et Efoya Jacques Colin, le suppléant de Guy Loando Mboyo, l’actuel ministre des Relations avec le Parlement, ont apposé leurs signatures. Quoique d’une autre zone linguistique, Dorothée Madiya d’AREP a aussi signé contre l’honorable Rapporteur Jacques Djoli dont elle était, pourtant, le témoin lors de l’élection passée.
Dans les réseaux sociaux et plusieurs médias de Kinshasa tel que C-News, les noms de Loando et son allié de circonstance Bemba sont revenus abondamment comme instigateurs de cette crise à l’Assemblée nationale, de cette déstabilisation d’une institution phare. Le dynamisme de la soeur du leader du MLC, Caroline Bemba, à l’occasion du dépôt des pétitions a étonné plus d’un. Est-ce une attitude revancharde de cette candidate malheureuse à l’élection au poste de Questeure adjointe l’année dernière ?
Selon les observateurs avertis de l’arène politique congolaise, les motivations seraient multiples. Les uns parlent de la course au dauphinat, la succession à Félix Tshisekedi à l’horizon 2028, pour laquelle ces deux leaders du Grand Équateur voudraient écarter « le Pacificateur » Vital Kamerhe; les autres arguant que la percée fulgurante du Professeur Jacques Djoli dans cet espace menace menacent leurs ambitions. Son indépendance d’esprit inquiéte. D’où, il faut le faire partir du Bureau de l’Assemblée nationale. Cette guerre fratricide risque de fracturer, voire, de faire imploser l’Union Sacrée de la Nation.
Réalisations
Le Rapporteur Jacques Djoli, fidèle à la vision du Président de la République et qui n’affiche pas d’ambitions présidentielles, vient de boucler ses vacances parlementaires dans sa circonscription électorale. Il s’est imposé comme bâtisseur d’ecoles dans la Tshuapa.
Voici les principales réalisations du Professeur Jacques Djoli Eseng’Ekeli : * Création de l’Université Technologique de la Tshuapa (UNITECH); * Construction en cours de l’Université Technologique de la Tshuapa ; Construction de 120 écoles primaires et secondaires (finies et en cours de construction); * Réhabilitation de l’Institut Ngund’Oyea (ex-Athénée Royale) à Boende et l’Institut Ikeliekila à Wema.
« Maboko Pembe », le Prof Djoli est non conflictuel et en bons termes avec les autres membres du Bureau et ses collègues députés nationaux.Il est à la hauteur de sa tâche. Dans le cadre de ses attributions reprises dans le Règlement intérieur de cette institution, Jacques Djoli est un Rapporteur irréprochable.
C’est tout simplement la mauvaise foi manifestée par certains fils de cette partie de la RDC dont il est originaire, craignant son leadership, que cette pétition est initiée pour ravir à lui et à la Tshuapa ce poste de Rapporteur afin de le confier à un membre d’une autre zone linguistique.
En définitive, ce plan machiavélique visant à le déchoir ne passera pas. Autrement dit, la pétition contre le Président initiateur de BC alias « Nganga Mayele » sera rejetée par l’Assemblée plénière le jour du vote à bulletin secret. N’en déplaise aux aigris.
Attendons le rapport de la Commission Peter Kazadi.
James Mpunga Yende / CP


