Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR), Moussa Kalema Sangolo-Zaku, dénonce la détention jugée arbitraire et les conditions inhumaines dans lesquelles se trouve Jacky Ndala Mpoyi Kabundi, figure de la résistance politique. Il accuse le régime actuel de trahir ses engagements en matière d’État de droit, de fermer les yeux sur des violations graves des droits humains et de transformer les promesses de liberté en répression. Moussa Kalema appelle le chef de l’État à agir de toute urgence pour mettre fin à ce qu’il considère comme une injustice flagrante, avertissant que l’histoire retiendra la responsabilité du pouvoir en place.
Ci-dessous, découvrez l’intégralité de la lettre ouverte
Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo
Président de la République, Chef de l’État, Garant de la Nation et de la Constitution
Excellence Monsieur le Président,
Il cous souviendra que lorsque vous avez prêté serment, vous aviez promis au peuple congolais un État de droit. Vous vous étiez engagé à fermer les cachots clandestins, à bannir les pratiques arbitraires que vous prétendiez héritées d’un passé sombre, à faire de la justice un sanctuaire indépendant et de la dignité humaine un principe sacré. Vous vous étiez dressé contre les dérives de vos prédécesseurs, promettant d’écrire une nouvelle page de notre histoire collective.
Hélas, l’expérience douloureuse que vivent aujourd’hui tant d’opposants politiques démontre l’écart abyssal entre vos promesses et la réalité que nous vivons.
Là où vous aviez promis liberté, nous trouvons répression.
Là où vous aviez promis respect des droits humains, nous assistons à une dégradation sans précédent.
Là où vous aviez promis justice, nous observons l’injustice la plus cruelle.
Excellence, permettez que je vous interpelle sur le cas de Jacky Ndala Mpoyi Kabundi, patriote-résistant, aujourd’hui détenu dans des conditions inhumaines, malade, privé de soins et réduit à adresser au monde une lettre-testament empreinte de désespoir et de révolte. Ses mots résonnent comme un cri venu des profondeurs d’une prison injuste :
« Je n’ai pas volé, je n’ai pas tué, je n’ai pas violé, je suis en prison injustement, parce que vous n’avez pas de cœurs, parce que vous croyez remplacer l’Éternel. (…) Que le Kongo vive à jamais. Même dans l’au-delà, la résistance continue. »
Excellence, un homme en train de mourir dans nos prisons par la négligence volontaire des institutions de l’État n’est pas un simple fait divers. C’est une tache indélébile sur la conscience nationale. C’est un désaveu pour le régime que vous incarnez.
Comment comprendre que dans un pays qui se veut démocratique, on torture les voix dissidentes jusque dans des chambres d’hôtels transformées en geôles clandestines ? Comment expliquer que ceux qui pillent et détournent les deniers publics soient récompensés, pendant que les résistants meurent dans l’abandon ?
Monsieur le Président, vous êtes garant de la Constitution. Vous ne pouvez rester sourd au cri d’un citoyen qui se meurt dans l’ombre, sans soins, sans justice et sans compassion. Le silence ou l’inaction face à ce drame équivaut à une complicité morale.
En ce moment crucial, il vous appartient de décider :
• Soit de redonner sens à vos engagements en ordonnant la fin de ces pratiques indignes d’un État moderne ;
• Soit d’assumer que l’histoire retiendra que, sous votre mandat, les prisons se sont multipliées, les droits ont reculé et les patriotes sont morts dans l’oubli.
Excellence Monsieur le Président, l’affaire Jacky Ndala dépasse son cas personnel : elle incarne la faillite d’un système judiciaire instrumentalisé et d’un pouvoir qui s’éloigne de la promesse de liberté.
Laissez la justice redevenir justice.
Rendez aux Congolais la fierté de croire encore en leurs institutions.
Sauvez ce qui peut l’être de l’honneur de l’État.
Le peuple observe, l’histoire jugera.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de ma plus haute considération indignée.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
President National du Parti des Vertus Républicaines ( PVR )


