L’Assemblée nationale de la RD Congo, censée être le pilier de la démocratie et de la stabilité institutionnelle, traverse une crise sans précédent. Dans les couloirs du Palais du Peuple, se joue une partie d’échecs politique aux conséquences potentiellement dévastatrices pour la nation.
Une motion de destitution en gestation vise actuellement le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, tandis que d’autres membres du bureau sont la cible de manœuvres sournoises qui menacent jusqu’à l’élaboration du budget national 2026. Derrière cette offensive se cacheraient des intérêts obscurs et des acteurs que l’on croyait loyalistes, mais qui semblent mus par des ambitions personnelles démesurées.
Au cœur de cette machination se trouverait Crispin Mbindule, président du Conseil d’administration du Cadastre Minier (PCA CAMI). Ironie du sort, cet homme, qui toucherait pas moins de 40 000 dollars par mois en plus d’avantages exorbitants, mène des actions qui sapent la stabilité institutionnelle dont dépend pourtant le secteur minier qu’il est censé réguler.
Autour de lui gravitent plusieurs élus, dont Yumba, Engelemba, Simisi, et d’autres parlementaires peu actifs sur le plan législatif mais très engagés dans des calculs politiciens. Leur cible principale : Vital Kamerhe, menacé de motion de destitution, ainsi que Jacques Djoli, rapporteur de l’Assemblée nationale, Sama Lukonde, président du Sénat, et les questeurs Poli Poli et Néema.
Le Bureau de l’Assemblée nationale, composé de sept membres, joue un rôle clé dans la direction des débats, l’organisation des travaux parlementaires et la représentation de l’institution. Le président de l’Assemblée, Vital Kamerhe, est la troisième personnalité de l’État. Sa déstabilisation constituerait donc une attaque directe contre les fondements mêmes de la République.
Cette crise met également en lumière les divisions internes au sein de la majorité présidentielle. Elle oppose notamment des camps rivaux autour de Vital Kamerhe et de Jacques Djoli, tout en visant d’autres responsables comme Sama Lukonde, Poli Poli, Néema et Inamwizi. En revanche, certains acteurs, tels que Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de l’Assemblée, et Christophe Mboso, deuxième vice-président, semblent épargnés par cette offensive, révélant la dimension politique et sélective de la manœuvre.
Cette instabilité survient à un moment crucial, alors que la session de septembre devrait être consacrée à l’examen du budget 2026. Sans budget adopté, le pays risquerait une paralysie institutionnelle et financière aux conséquences graves pour la population.
Le danger dépasse une simple crise politique : il s’agit d’une menace existentielle pour les institutions démocratiques déjà fragilisées par des années de conflits et de mauvaise gouvernance. L’éviction de Vital Kamerhe et Sama Lukonde pourrait ouvrir la voie à des crises institutionnelles à répétition, avec un risque de chaos politique durable.
Le peuple congolais, déjà éprouvé par la pauvreté et l’insécurité, mérite mieux que ces luttes de pouvoir. Il est urgent que les véritables patriotes se mobilisent pour défendre l’intérêt général et empêcher que l’Assemblée nationale ne devienne le théâtre d’ambitions personnelles au détriment de la stabilité du pays.


