Moussa Kalema : « La RDC a besoin d’un dialogue inclusif, pas d’accords qui bradent sa souveraineté »

Partager

L’ancien député national et cadre du Parti des Vertus Républicaines (PVR), Moussa Kalema, a accordé une longue interview, dernièrement, au cours de laquelle il s’est exprimé sur la situation politique et sécuritaire de la République démocratique du Congo. L’occasion pour lui de défendre le rôle de son autorité morale, Joseph Kabila, et de dénoncer ce qu’il qualifie de dérives du pouvoir actuel.

Selon lui, le Front Commun pour le Congo (FCC) et le PVR n’ont jamais cessé de jouer leur rôle d’alerte, malgré une volonté manifeste de réduire l’opposition au silence. Il rappelle avoir multiplié tribunes et correspondances pour dénoncer les accords de Washington et d’autres conventions signées avec le Rwanda, le M23 et la Communauté d’Afrique de l’Est. Des textes qu’il juge dangereux pour la souveraineté nationale, car ils livreraient les ressources du pays et hypothéqueraient l’avenir des générations futures.

Moussa Kalema estime que les 12 propositions de Joseph Kabila pour la restauration de la paix demeurent d’actualité, bien qu’elles n’aient pas été suffisamment vulgarisées. Il présente l’ancien chef de l’État comme un sage et un médiateur potentiel, capable de contribuer au retour de la paix, malgré les persécutions et critiques dont il fait l’objet.

Abordant le rôle des confessions religieuses, l’ancien élu dénonce leur division, qu’il attribue à des manipulations politiques orchestrées, selon lui, par le président Félix Tshisekedi. Il accuse le pouvoir d’imposer des dirigeants religieux proches de son camp, en violation de la laïcité de l’État, au risque de conduire le pays vers une guerre religieuse. Pour Kalema, la prière seule ne saurait garantir la paix ; celle-ci exige avant tout une gouvernance responsable et un véritable projet de société.

À propos du pacte social proposé par la CENCO et l’ECC, Moussa Kalema en salue la pertinence, mais insiste sur la nécessité d’en définir clairement les acteurs et les modalités pour éviter de retomber dans une conférence nationale sans suite. Enfin, il recadre l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, qu’il accuse de chercher avant tout des postes plutôt que de proposer de véritables solutions aux problèmes du pays, estimant qu’il ne peut incarner une opposition crédible.

Pour l’ancien député, le Parlement doit retrouver toute sa force de contrôle, et un dialogue inclusif reste nécessaire pour revoir des questions fondamentales telles que la CENI, la Cour constitutionnelle ou encore le respect de la Constitution. Dans ce contexte, insiste-t-il, Joseph Kabila demeure une figure incontournable pour l’avenir politique de la RDC.

Fidel Songo

Articles similaires

Lutte contre l’insalubrité : le ministère provincial de la Jeunesse et le CPJ-KIN appuient...

Le Ministre provincial de la Jeunesse, des Sports, de la Culture et des Arts,Bob...

Nord-Kivu : Burutsi frappé par un séisme meurtrier, des dizaines de victimes redoutées et...

La coordination territoriale de la société civile, forces vives de Walikale, affirme avoir été...

Assassinat du professeur Matthieu Abata Diasona à l’UNIKIN : un présumé suspect appréhendé par...

Le professeur Matthieu Abata Diasona, enseignant à la Faculté des Lettres et Sciences humaines...