Le retour masqué du mubutisme sous Tshisekedi : Moussa Kalema dénonce le culte de la personnalité qui replonge la RDC dans ses vieux démons (tribune libre)

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Du mobutisme pur et simple, caractérisé par le culte de personnalité, de l’anthropomorphisme inversé dans la politique congolaise. C’est cela ce que Moussa Kalema Sangolo-Zaku, Président national du parti des vertus républicaines, en sigle PVR et cadre du FCC, déplore à travers sa tribune libre de ce jeudi 7 août 2025. Il alerte que, alors que la République Démocratique du Congo peine à se relever des séquelles d’un passé politique autoritaire, une vieille dérive refait surface avec inquiétude : le culte de la personnalité. Il dénonce ainsi une résurgence toxique de pratiques propagandistes qui rappellent tristement l’époque de Mobutu. Flatteries excessives, détournement des médias publics à des fins partisanes, silence coupable des organes de régulation,…autant de signes d’un recul démocratique alarmant. Pour lui, il est temps que la République reprenne ses droits sur les ambitions personnelles.

Ci-dessous, découvrez l’intégralité de la tribune

Le culte de la personnalité : Un poisson nocif contre l’ émergence de la RDC . Un retour honteux au mubutisme

Il fut un temps où la République Démocratique du Congo, meurtrie par les abus du régime Mobutu, rêvait d’un État sobre, digne, et respectueux de ses citoyens. Ce rêve s’était nourri des combats de figures emblématiques comme Étienne Tshisekedi wa Mulumba, qui dénonçait le culte de la personnalité comme l’un des pires poisons de notre vie politique. Il nous avait promis un Congo républicain, où l’on respecterait plus les institutions que les individus.

Mais aujourd’hui, sous le régime de son propre fils, le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ce démon ressurgit avec une vigueur inquiétante. À la faveur d’une communication d’État débridée, la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), censée être la voix du peuple et le miroir des réalités nationales, s’est transformée en un instrument exclusif de propagande des individus

Le culte de personnalité prend de plus en plus corps en RDC et gangrène dangereusement les institutions du pays et plonge la nation dans un nivellement vers le bas.
Ce poison nocif pour l’ avenir du pays, rappelle une certaine époque pendant laquelle il suffisait de chanter et danser à la gloire du guide pour mériter un poste politique ou la direction d une structure de l Etat, quand bien on en avait pas les compétences requises.
Le comble est que les mêmes auteurs des chansons et dances à la gloire du guide ,encore nombreux dans les institutions actuelles du pays ont repris leur mode de fonctionnement avec le pouvoir en place, alors que le peuple congolais qui a cru naïvement au vrai changement pour l’ émergence de la nation,n ‘ a plus que ses yeux pour pleurer. Comment peut on expliquer que certaines personnalités avaient côtoyé une figure emblématique comme Etienne Tshisekedi qui avait combattu à une certaine période de sa vie politique, de toutes ses forces les anti valeurs de cette nature à l’ époque du Maréchal Mobutu, puissent ramener les mêmes anti valeurs au sein des Institutions , établissements et entreprises publics .
Ce culte de personnalité qui n ‘ est rien d’autre que de simples flatteries pour l ‘ intérêt personnel sans moindre conviction de servir la nation,laissent malheureusement souriants et complaisants les décideurs,se disant honorés et vénérés
Pendant qu ailleurs,les flatteurs de cette race sont mis au placard, en RDC,au contraire ils s arrogent de l orgueil et l ‘ arrogance pendant qu ´ ils n ´apportent pas grand chose pour le développement du pays

Chaque jour, les Congolais sont abreuvés d’images à la gloire des personnalités politiques et du chef d’état présenté comme l’alpha et l’oméga de la Nation. Fêtes privées, anniversaires, deuils familiaux, gestes anodins, tout est prétexte à une mise en scène médiatique permanente, pendant que la souffrance du peuple est reléguée à l’ombre.

Un peuple qui saigne, une télévision qui danse

Au moment où les populations de l’Est du pays subissent l’enfer des exactions des groupes armées et des milices où nos vaillants militaires se battent dans des conditions difficiles sur les lignes de front, la RTNC refuse de faire écho à leur courage et à leur sacrifice. Les visages des déplacés, les pleurs des orphelins, les cris des veuves, ne trouvent pas d’espace sur la télévision publique qui diffuse à longueur des journées des messages de propagande de certains acteurs polisses de la majorité au pouvoir , au lieu d’éduquer et former la masse à l prise de conscience, au civisme et au patriotisme pour la Défense de la mère patrie en danger et faire écho du courage de nos forces de défense et de sécurité pour la recherche de la paix et la reconquête des territoires perdus .

Cette dérive, loin d’être une simple maladresse politique, constitue une violation flagrante des textes qui régissent notre République.
La Constitution de la RDC, en son article 91 alinéa 3, impose aux médias publics une obligation d’équilibre, d’impartialité et de pluralisme.
La Loi n°16/013 sur le Statut des Agents de la Fonction Publique interdit formellement l’utilisation des moyens de l’État à des fins partisanes ou personnelles.
Même la Charte Africaine sur la Démocratie et la Gouvernance, ratifiée par la RDC, rappelle l’obligation d’un accès équitable des partis politiques et des citoyens aux médias d’État.

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), garant de l’éthique médiatique, semble lui aussi frappé de mutisme, alors qu’il lui incombe de réguler ces dérives et de protéger le pluralisme de l’information.

Le retour du Mubutisme sans Mobutu

Ce culte de la personnalité rampant rappelle tristement les pratiques du régime de Mobutu Sese Seko. Les affiches géantes à l’effigie du Président, les pagnes à son image arborés par les députés, ministres et mandataires publics, la flatterie décomplexée des courtisans : tout cela n’a rien à envier à l’ère du parti-État.

Pourtant, sous les présidences de Mzee Laurent-Désiré Kabila et de Joseph Kabila Kabange, le Congo avait amorcé une rupture historique avec cette culture d’adoration du Chef. L’image présidentielle s’était voulue sobre, au service des institutions, et non d’un ego personnel.

Ce que nous observons aujourd’hui est donc un recul grave, un retour en arrière qui bafoue la mémoire des luttes démocratiques.

Ce que nous demandons

Nous exigeons :
• Que la RTNC redevienne un média de service public, respectueux des principes de pluralisme et d’équité.
• Que le CSAC sorte de son silence complice et rappelle la RTNC à ses devoirs républicains.
• Que les moyens publics ne soient plus détournés pour entretenir un culte de l’image autour d’un individu, quel qu’il soit.
• Que la population congolaise refuse d’être complice de cette manipulation médiatique et exige que les priorités du pays soient traitées avec la gravité qu’elles méritent.

Le culte de la personnalité est une maladie politique qui gangrène les nations faibles. Il engendre la médiocrité, étouffe la démocratie et prépare toujours les pires dérives autoritaires. Le Congo mérite mieux.

La République doit rester plus forte que les individus.

Moussa Kalema Sangolo-p

Président national du PVR

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