Cela fait deux ans que plusieurs ex-combattants Maï-Maï ayant volontairement adhéré au Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) sont cantonnés au site de précantonnement de Kosoko Mbopi, dans la chefferie de Babila-Babombi, sans assistance ni encadrement effectif.
Selon la Coordination de la CRDH/Mambasa, ces ex-combattants, qui avaient accepté de déposer les armes dans l’espoir d’une réinsertion pacifique, vivent depuis dans une précarité alarmante. Le coordinateur local, Ramzi Malikidogo, dénonce un total abandon de ces ex-combattants par les autorités en charge du processus de DDRCS, mais aussi par le gouvernement congolais.
« Depuis leur installation à Kosoko Mbopi, ces ex-Maï-Maï n’ont reçu aucune aide ni suivi. Leur avenir est incertain, et certains commencent à perdre espoir. Le programme semble gelé », alerte-t-il.
Ce manque d’encadrement commence à produire des effets inquiétants. Certains éléments de ce groupe se sont déjà déployés vers les localités de Ngubo et Makele, suscitant la peur d’un retour aux hostilités ou de représailles armées. Car, bien que certains aient déposé les armes, des témoignages indiquent qu’ils restent potentiellement armés et organisés.
« C’est la population locale qui paie le prix fort. Elle vit dans l’angoisse permanente. Le non-suivi de ces ex-combattants pourrait engendrer des conséquences sécuritaires imprévisibles », prévient Ramzi Malikidogo.
Face à cette situation préoccupante, la CRDH/Mambasa appelle le gouvernement congolais, à travers la coordination nationale du P-DDRCS, à agir rapidement. Il s’agit non seulement d’honorer les engagements pris envers ces ex-combattants, mais aussi de prévenir une rechute dans la violence communautaire, dans une région déjà marquée par des décennies de conflits armés.
« Si rien n’est fait, certains risquent de reprendre le maquis, et ce sont encore les civils qui seront les premières victimes. Nous appelons à une implication urgente du gouvernement », insiste Malikidogo.
Alors que la situation sécuritaire dans l’Ituri reste fragile, la gestion du désarmement et de la réinsertion des anciens combattants constitue un enjeu crucial pour la paix durable. La communauté locale, quant à elle, garde les yeux tournés vers les autorités, dans l’espoir d’une solution rapide et concrète.
Nzangura Kwavingiston


