Dans une tribune libre datée du 1er août 2025, Moussa Kalema Sangolo-Zaku, président national du Parti des Vertus Républicaines (PVR), tire la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de « présidentialisation confessionnelle » du pouvoir en République démocratique du Congo par le régime de Félix Tshisekedi. Ce cadre du FCC dénonce une collusion inquiétante entre la Présidence de la République et une confession religieuse évangélique spécifique, et fustige en même temps une gouvernance marquée par le favoritisme spirituel, l’érosion de la laïcité et l’émergence d’une diplomatie parallèle hors de tout cadre institutionnel. Le leader du Parti des Vertus Républicaines en appelle ainsi à une mobilisation citoyenne pour défendre la Constitution, restaurer l’État de droit et préserver le caractère républicain et laïque de la nation congolaise.
Ci-dessous, découvrez l’intégralité de la tribune :
TRIBUNE POLITIQUE POUR UN SURSAUT RÉPUBLICAIN EN RDC : NON À LA PRÉSIDENTIALISATION CONFESSIONNELLE DU POUVOIR D’ÉTAT
L’histoire politique nous avertit : lorsqu’un pouvoir échappe à tout contrepoids institutionnel et s’enrobe de religion pour se sanctuariser, lorsqu’il substitue les règles de droit à des pratiques de courtisanerie spirituelle, c’est la République elle-même qui vacille. Ce moment est arrivé en République démocratique du Congo. La dépêche accablante de l’Agence Exocet, datée du 31 juillet 2025, documente avec précision une dérive aussi inquiétante que systémique : celle d’un pouvoir présidentialisé à outrance, en voie de captation par un réseau religieux particulier, opérant en marge du droit, de la diplomatie officielle et des principes de neutralité de l’État édictés par la Constitution.
Le peuple congolais a établi par référendum les règles de la gestion de l’État congolais, à travers sa Constitution de 2006, qui consacre la séparation des pouvoirs, la responsabilité du gouvernement devant le Parlement, et surtout la laïcité de l’État (article 1er). Aujourd’hui, ces piliers de notre République sont érodés par des pratiques de gouvernance qui les tournent en dérision.
- La Présidence comme organe tentaculaire et incontrôlé
La multiplication des structures extraministérielles, des missions spéciales et des ambassadeurs itinérants opérant sans cadre légal clair, au seul bénéfice de la Présidence, constitue une usurpation de compétence et un affaiblissement délibéré des ministères légalement établis. Pire encore : ces émissaires ne répondent ni au Premier ministre, ni au Parlement, ni à aucun mécanisme institutionnel de contrôle démocratique.
Ce n’est plus une coordination républicaine, c’est une confiscation monarchique de l’État.
- L’infiltration religieuse comme levier d’influence et d’exclusion
La collusion entre la Présidence et une confession religieuse évangélique spécifique, dont les membres accèdent sans égard au mérite ni à la neutralité aux postes clés de l’administration, viole l’esprit et la lettre de notre Constitution. La République démocratique du Congo n’est pas une théocratie. L’État appartient à tous, pas à une Église, pas à une congrégation. La laïcité est notre garantie commune. L’impartialité de l’État est le fondement du vivre-ensemble national.
Ce favoritisme religieux crée un climat d’injustice, d’exclusion et de frustration dans les autres communautés de foi (catholique, protestante, kimbanguiste, musulmane, églises de réveil), jusque-là actrices majeures de la cohésion nationale. Il fracture notre tissu social et met en mal la cohésion nationale.
- Une diplomatie parallèle, risquée et irresponsable
La diplomatie religieuse entreprise par l’ambassadeur itinérant Antoine Ghonda aux États-Unis, sans coordination avec le ministère des Affaires étrangères, engage la RDC sur des terrains idéologiques étrangers, notamment ceux de la droite évangélique américaine et de réseaux politico-religieux internationaux, sans mandat populaire ni débat public.
Cette pratique expose notre pays à des alignements hasardeux, à des pertes de crédibilité, voire à des ingérences qui aliènent notre souveraineté.
Appel à la mobilisation et à la rectification
Face à cette situation gravissime, le PVR en appelle au sursaut républicain de toutes les forces vives : partis politiques, société civile, confessions religieuses responsables, syndicats, mouvements citoyens, diaspora, pour dire non au cloisonnement de la gestion du pays, à la confiscation religieuse et présidentielle de la République.
Il exige :
- Le rappel à l’ordre constitutionnel du Président de la République, qui ne peut faire de sa foi un critère de nomination, ni transformer la Présidence en autorité spirituelle parallèle.
- La réaffirmation immédiate de la neutralité de l’État, par la fin de toute discrimination religieuse dans l’administration publique.
- Le contrôle parlementaire effectif sur toutes les structures rattachées à la Présidence, y compris les missions dites spéciales, agences et coordinations.
- Une réforme urgente de la loi sur les missions diplomatiques, interdisant toute action extérieure échappant au ministère des Affaires étrangères.
- La mise en place d’un Haut Conseil de la Laïcité, garant de la neutralité confessionnelle de l’État, rassemblant juristes, représentants des cultes et institutions nationales.
Conclusion : restaurer l’État, sauver la République
Le prestige de la RDC à l’extérieur est aujourd’hui ruiné, non par la pauvreté, mais par l’arrogance, l’amateurisme et la dérive messianique de ceux qui gouvernent sans vision ni respect des règles.
Il est temps de restaurer l’autorité des lois, de reconquérir l’esprit républicain, et de remettre l’État au service de tous les Congolais. La résistance nationale ne peut être silencieuse devant l’effondrement de la République. Il est de notre devoir, patriotes, de nous lever, non contre une foi, mais contre l’usage politicien et sélectif de la foi au sommet de l’État.
Car un Président peut être croyant, mais la République, elle, doit rester laïque.
Moussa Kalema Sangolo-Zaku
Président national du PVR,
Citoyen congolais, défenseur de la Constitution et de la souveraineté.


