Obasanjo n’est pas le bienvenu en RDC : le peuple congolais ne veut plus de complices silencieux (Par Jonas Tshiombela )

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L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, présenté comme un « sage » par l’Union Africaine, incarne aujourd’hui aux yeux de nombreux Congolais une figure de plus en plus décriée, voire rejetée. Son éventuelle venue en République Démocratique du Congo, dans le cadre des efforts de paix pour l’Est du pays, suscite une vive inquiétude et une ferme opposition. Pourquoi ? Parce que le peuple congolais ne veut plus de médiateurs silencieux face au crime.

Obasanjo n’est pas neutre. Sa proximité avec l’ancien président Joseph Kabila, scellée notamment dans l’accord obscur de mars 2023, laisse planer un doute sérieux sur la sincérité de son engagement pour la paix en RDC. Pire, il n’a jamais élevé la voix contre les exactions du M23, ni contre le soutien avéré que ce mouvement rebelle reçoit du Rwanda et de l’Ouganda. Pas un mot sur les viols, les massacres, les déplacements massifs et les pillages de ressources que subissent nos populations depuis des années.

Peut-on faire confiance à un homme qui, face à tant d’atrocités, choisit le silence ? Peut-on encore croire à une médiation menée par quelqu’un qui n’a jamais condamné les bourreaux de notre peuple ?

Le peuple congolais n’est pas dupe. Derrière le masque de la diplomatie, il voit les compromissions, les jeux d’intérêts et les réseaux opaques. La RDC a trop souffert de ces médiations biaisées qui, sous couvert de paix, ont souvent consolidé l’impunité et la prédation.

Nous appelons les autorités congolaises à rester fermes. La souveraineté de notre nation ne doit pas être bradée au nom de consultations diplomatiques douteuses. Si Obasanjo tient à fouler le sol congolais, qu’il le fasse en tant que témoin des douleurs que son silence a cautionnées, et non comme artisan d’une paix qu’il n’a jamais véritablement défendue.

Nous appelons aussi le peuple congolais à la vigilance. Si cette visite se confirme, des actions citoyennes, légales et pacifiques doivent être entreprises pour exprimer notre rejet. Car accueillir Obasanjo aujourd’hui, c’est insulter les victimes de Goma, de Bunagana, de Rutshuru, de Kishishe… C’est faire une place à la complaisance là où nous avons besoin de justice.

Le temps est venu d’exiger des médiateurs responsables, courageux et intègres. Le temps est venu de dire NON à l’hypocrisie diplomatique. Obasanjo n’est pas le bienvenu en RDC.

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